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Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Par - Mercredi 20 juin 2012 à 13:21
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 Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Histoire de varier un peu les plaisirs, j’élargis mon champ d’action en ce qui concerne l’animation. Cette initiative commence par une rétrospective Pixar qui, à la différence de The Disney 50, s’effectuera dans l’ordre chronologique.

L’aventure débute donc avec Toy Story, premier film de Pixar et d’animation entièrement réalisé en image de synthèse. Je suis allée le voir au cinéma, il s’agissait alors d’une véritable révolution qui était en train de se mettre en marche. Certains magazines annonçaient d’ailleurs la mort du 2D. Honnêtement, je crois que j’étais trop jeune pour totalement cerner la prouesse technique, c’était surtout les personnages et l’histoire qui m’avait emballée.

Pixar a toujours mis en avant sa volonté de raconter des histoires plus que toute autre chose, et c’est à ça que l’entreprise doit son succès. Si on se penche un peu sur la création de Toy Story, il y a alors tout le challenge technique, mais aussi cette ambition de donner entièrement vie aux protagonistes au cœur du récit. Plus que le reste, à mon goût, c’est ce qui fait traverser le temps.

Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Je n’ai pas le Blu-ray de Toy Story, mais une version restaurée en DVD pour son dixième anniversaire. Je ne suis pas sûre que je puisse vraiment me permettre de porter un jugement sur la qualité de l’image, car pour ce que j’en ai vu, le Blu-ray est juste magnifique. C’était fait pour se retrouver sur un tel support.

Alors, direction le film ! Toy Story, c’est l’histoire d’une grande amitié. Cela commence avec celle entre Andy et son jouet préféré Woody, pour évoluer sur la construction de la relation entre le cow-boy et le ranger de l’espace, Buzz Lightyear. Ce dernier est un cadeau d’anniversaire pour Andy et va prendre la place de Woody dans le cœur de l’enfant. Il y a alors de la jalousie qui nait et le monde du cow-boy s’écroule. Buzz est quand à lui en pleine désillusion, car il est convaincu d’avoir une mission à remplir, et il ne s’agit pas d’être un des jouets d’Andy, mais d’empêcher l’empereur Zurg de réussir son coup.

Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Le boulot de Woody et de tous les autres, c’est donc d’être des jouets. Ils ont conscience de ce qu’ils sont, les dialogues et la mise en scène jouent très bien avec ce concept. Dès qu’un humain est présent dans la pièce, ils ne bougent plus ; mais dès que celui-ci est parti, ils prennent vie et mènent leurs petites activités, si on peut dire. Cela accentue encore plus le comportement de Buzz, qui va totalement à l’opposé des autres.

L’univers de Toy Story se met très vite en place, avant même l’arrivée du ranger. Le film nous offre d’ailleurs un montage sur une chanson de Randy Newman pour nous expliciter le plus rapidement possible la relation particulière entre Andy et Woody. Quand j’y repense, ce procédé sera utilisé de nouveau dans Up – avec un succès plus tonitruant. En ce qui concerne la musique, il s’agissait d’avoir une approche plus contemporaine ; de cette façon, au lieu de protagonistes qui chantent, nous avons des compositions de Newman pour véhiculer des émotions et cela fonctionne très bien et c’est plus en accord avec l’univers dépeint.

Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Le film introduit dès les débuts sa galerie de personnages qui ont fait (et continue de faire) les beaux jours des magasins de jouets, mais qui rendent surtout Toy Story encore plus drôle et attachant. Nous avons ainsi M. Potato Head qui a son propre running gag, il vole toujours en morceaux et cela fait rire à chaque fois ; Rex est le dinosaure du groupe, qui devrait être menaçant, mais qui ne ferait pas de mal à une mouche et qui manque en plus de confiance en lui ; la tirelire Hamm est surtout là pour délivrer des one-liners ; le chien Slinky est un ami fidèle de Woody ; enfin, nous avons la bergère Bo, qui vient féminiser cet univers très masculin, tout simplement, car c’est un jouet de Molly, la petite sœur d’Andy qui dort aussi dans la chambre. Sur ce plan-là, il faut reconnaître que ce n’est pas toujours des plus clair. J’imagine que c’est pour cela que la famille déménage, dans le but que chaque enfant puisse avoir sa chambre.

Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

L’arrivée de Buzz Lightyear dans cet environnement bouleverse donc l’ordre en place et change les routines. Le film, dans son ensemble, s’amuse énormément avec les contrastes à multiples niveaux. Ici, il s’agit de jouer avec le fait que Buzz ne sait pas qu’il est un jouet et qu’il est convaincu qu’il a une mission à remplir. Plus tard, quand il sera confronté à la réalité de sa situation, il plongera dans un état émotionnel extrême pour pousser au rire dans la tragédie. Il y a une opposition explicite entre l’univers d’Andy et de Sid, le gamin exploseur de jouets qui vit en face et qui est le vilain de l’histoire. Il y a  aussi multiple quiproquo qui font évoluer le récit, d’abord dans la chambre de Sid, puis quand Woody tente de sauver Buzz, mais que tous les autres interprètent de travers tout ce qu’il fait. Cela dynamise l’intrigue en poussant les personnages à l’action, mais en jouant aussi de la perception que l’on peut avoir de l’histoire qui se déroule. À un moment ou un autre, chaque jouet endosse un rôle similaire à celui de Buzz, inconscient de la réalité qui l’entoure avant d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe vraiment. J’aime beaucoup aussi le soin apporté aux échanges pleins d’authenticité entre Andy et sa mère. Qui n’a pas égaré un jouet pour le retrouver beaucoup plus tard ?

Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Toy Story prend bien le soin de développer ses jouets et les multiples environnements où ils évoluent, et offre une riche palette d’émotions. C’est avant tout une petite aventure qui en devient juste une énorme à la taille des jouets, qui possède ses moments drôles et ses instants dramatiques. L’équipe a aussi bourré son film de références cinématographiques et de détails à destination du public adulte, ce qui fait qu’à chaque visionnage, je vois de nouvelles choses – certaines que j’avais oublié ou d’autres que je n’avais pas encore remarqués.

Pour donner vie à tous ses personnages, nous avons bien entendu un casting vocal de luxe, mené par Tom Hanks et Tim Allen. Le premier est peut-être un peu trop reconnaissable (d’un côté, c’est Tom Hanks !), tandis que le second est tout en sobriété. Avec eux, il y a Wallace Shawn pour Rex, qui est un de mes préférés avec John Ratzenberger, qui prête sa voix à Hamm. Ils ont fait en tout cas preuve d’une certaine ingéniosité dans leur casting, à l’image du choix de R. Lee Ermey qui double le sergent et qui est connu pour ses rôles de militaires (dont Full Metal Jacket).

Voilà maintenant presque 17 ans que Toy Story est sorti au cinéma. Alors oui, le film est entré dans l’histoire grâce à la prouesse technique et au dévouement de tous ceux qui ont travaillé dessus, mais c’est bel et bien son histoire universelle qui lui fait traverser le temps.

Pixar Retrospective : Toy Story (1995)

Réalisateur : John Lasseter ; scénaristes : Joss Whedon, Andrew Stanton, Joel Cohen, Alec Sokolow.
Casting (vocal) : Tom Hanks, Tim Allen, Don Rickles, Jim Varney, Wallace Shawn, John Ratzenberger, Annie Potts, John Morris, Erik von Detten, Laurie Metcalf, R. Lee Ermey, Sarah Freeman.

Next Stop in The Pixar Universe : A Bug’s Life.

À propos de l'auteur, Carole.

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Les 2 commentaires sur cet article

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  • avatarMamzelle
    20/6/2012 @ 14:43

    Je ne me rappelle absolument plus de ce film, merci pour cette petite piquure de rappel, ça m’a donné envie de m’y replonger :)

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