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Pixar Retrospective : A Bug’s Life (1001 pattes – 1998)

Par - Mercredi 11 juillet 2012 à 11:25
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Pixar Retrospective : A Bugs Life (1001 pattes   1998)

En 1998, les fourmis ont le vent en poupe et créent un conflit entre Pixar et DreamWorks – ce dernier étant dirigé par Katzenberg, qui a quitté Disney en 1994. Il y a anguille sous roche, pensent certains, ou vol d’idées pour d’autres. En attendant, Antz aka Fourmiz sortira un mois avant A Bug’s Life (aka 1001 pattes). Apparemment, Katzenberg aurait proposé de stopper le développement si Disney déplaçait A Bug’s Life qui se frottait alors directement à The Prince of Egypt. Pixar a refusé, et l’histoire, je dirais, fera le reste.

Nous sommes donc en 1998 et Pixar délivre son second long-métrage qui a pour vocation de montrer que Toy Story n’était pas qu’un simple coup d’essai.

Cette fois-ci loin de l’univers plastifié des jouets, Pixar doit réussir à donner vie à tout un environnement vivant, où le vent, le soleil et la pluie sont des éléments clés. Avec les détails de la nature, les ombres, les textures, le défi était franchement différent et il est  relevé en son temps avec brio grâce en partie à une maitrise des couleurs qui rend l’œuvre lumineuse. À noter que c’est de nouveau Randy Newman qui signe la musique du film, ce que j’avoue légèrement gênant, car à mon goût, un peu trop proche de Toy Story sur ce plan-là.

Pixar Retrospective : A Bugs Life (1001 pattes   1998)

Parodie de Les Sept Samouraïs, A Bug’s Life raconte l’histoire de Flick (Tilt chez nous) qui appartient à une colonie de fourmis qui doit récolter à manger pour eux, mais aussi pour les cigales qui viennent chaque saison leur rendre visite.  Malheureusement, cette année, Flick va involontairement enclencher un accident envoyant toute la nourriture dans le précipice. Hopper (Le Borgne), le meneur de cigales, leur laisse une autre chance : ils ont jusqu’à la dernière feuille pour lui fournir une récolte ou elles en paieront le prix. Flick se propose alors d’aller recruter des guerriers qui pourraient les défendre contre leurs ennemis.

Avec comme personnage principal un outsider affirmé, A Bug’s Life est bel et bien là pour mettre en avant l’individualité et l’originalité. Flick est un inventeur enthousiaste qui cherche à aider sa colonie qui n’envisage pas la possibilité d’un changement. L’existence des fourmis se déroule d’une certaine façon et Flick, au départ, menace le style de vie en remettant en cause les techniques de récolte. Il symbolise une certaine créativité et le sujet sera alors exploité sous un autre jour avec les « guerriers » qu’il recrute.

Flick se rend donc à la grande ville – ou ce qui se trouve sous la caravane – et va prendre une troupe de cirque qui vient de se faire renvoyer pour une bande d’insectes féroces pouvant tenir tête aux cigales. Un petit quiproquo plus tard, et nous voilà avec le plus improbable des groupes pour sauver la colonie : Slim (Fil), un phasmoptères ; Heimlich, la chenille qui aime manger ; Francis (Marcel), la coccinelle qui est souvent prise pour une femelle ; Manny, un Mantidé magicien ; Gypsy, un papillon qui est l’épouse et l’assistante de Manny ; Rosie, une veuve noire ; Dim (Cake), un Scarabée rhinocéros ; et Tuck and Roll (Chivap et Chichi), deux cloportes totalement stupides.

Pixar Retrospective : A Bugs Life (1001 pattes   1998)

Pixar Retrospective : A Bugs Life (1001 pattes   1998)

A Bug’s Life repose clairement sur sa palette de personnages et de ce côté-là, malgré les années, cela reste l’une des plus réussies de l’univers Pixar à mes yeux. Ils sont drôles, attachants, improbables. Si la colonie est coincée dans une existence routinière, préférant faire ce qu’on attend d’elle au lieu de prendre des risques, la troupe représente l’espoir, mais avant, ils doivent eux-mêmes se retrouver. Ils ont perdu une grosse partie de leur passion, et à l’arrivée, ce qui les animait dans la vie. Ils vont alors retrouver cela grâce à Flick, et à la colonie.

Les fourmis ne sont pas en reste pour autant, avec Flick en tête. Le film délivre une légère romance avec la Princesse Atta, qui offre le portrait d’une future reine qui cherche sa place et l’approbation des autres. Sa sœur Dot (Couette) et son groupe de petites fourmis font preuve d’un bel enthousiasme tout du long, et soutiennent aussi la partie enfantine du récit ; il est difficile de ne pas les trouver mignons.

Bien entendu, il y a les méchants, avec l’imposant Hopper qui mène les cigales, loin de briller par leur intelligence. Elles sont, à l’image des fourmis qui sont soumises au leader des cigales, aussi sous le joug de Hopper. Les deux groupes fonctionnement de façon similaire, en obéissant, si ce n’est qu’Hopper symbolise l’oppression et la peur – ce qui empêche alors la réelle indépendance et prise de risques.

Pixar Retrospective : A Bugs Life (1001 pattes   1998)

Pixar Retrospective : A Bugs Life (1001 pattes   1998)

De ce côté-là, Kevin Spacey est donc parfait en cigale autoritaire, tandis que Richard Kind dans la peau du frère est typecast. Du côté des fourmis, Julia Louis Dreyfuss donne une autre dimension à Atta, Hayden Pannettiere rend Dot vraiment mignonne (c’était à un âge où elle l’était encore), et Dave Foley véhicule à merveille l’énergie de Flick. Parmi notre troupe du cirque, je dois bien dire que David Hyde Pierce en Slim est purement excellent, de même que Denis Leary qui prête sa voix à Francis.

Pixar utilise donc ce microcosme pour porter un regard sur l’existence en elle-même. Mélangeant lutte identitaire, notion de solidarité sublimée par les valeurs de la liberté et de l’amitié, héroïsme là où on ne l’attend pas, A Bug’s Life est une ode à l’imagination et à l’indépendance d’esprit qui permet de s’extirper du point de vue codifié pour en voir ses limites et les surmonter. Flick est peut-être perçu comme une étrange fourmi, mais il veut avant tout aider et trouver sa place dans un environnement qui doit être revu pour réellement l’accueillir. À force de batailler, il va finir par l’obtenir et révolutionner le fonctionnement de sa colonie.

Il n’y a pas très longtemps Fabien a défini A Bug’s Life comme le « Pixar oublié ». Coincé entre les plus populaires du studio et les mal-aimés Cars, le temps a plus ou moins effacé le film de la mémoire collective. Cela ne signifie pas qu’il n’a pas été vu ou qu’il n’est pas apprécié, mais qu’il est majoritairement laissé de côté au profit des autres. Pendant longtemps, ce fut en tout cas mon préféré, et ce revisionnage m’a rappelé pourquoi. A Bug’s Life se développe autour de thématiques auxquelles je suis particulièrement réceptive et si le film possède cette touche enfantine propre à Lasseter, j’aime son idéalisme communicatif. Le cynisme n’a pas sa place dans les Pixar, mais il est devenu assez rare de trouver un personnage comme Flick dans une œuvre qui en est dénué et il y a quelque chose de très optimiste qui en ressort.

Pixar Retrospective : A Bugs Life (1001 pattes   1998)

Réalisateur : John Lasseter ; scénaristes : Andrew Stanton, Donald McEnery, Bob Shaw.
Casting (vocal) : Dave Foley, Kevin Spacey, Julia Louis-Dreyfus, Hayden Panettiere, Phyllis Diller, Richard Kind, David Hyde Pierce, Joe Ranft, Denis Leary, Jonathan Harris, Madeline Kahn, Bonnie Hunt, Michael McShane, John Ratzenberger, Brad Garrett, Roddy McDowall, Edie McClurg, Alex Rocco, David Ossman,

Next Stop in The Pixar Universe : Toy Story 2.

À propos de l'auteur, Carole.

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