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The Disney 50 : Pinocchio (1940)

Par - Mercredi 15 août 2012 à 10:45
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The Disney 50 : Pinocchio (1940)

Après Snow White and The Seven Dwarfs, Disney délivre en 1940 PinocchioThe Disney 50 : Pinocchio (1940), inspiré du conte de Carlo Collodi, qui ne va pas rencontrer le succès escompté à cause de la Seconde Guerre mondiale. Si Blanche Neige est inscrit dans l’histoire du cinéma, Pinocchio est quant à lui considéré  – aujourd’hui encore – comme la plus grande réussite de Walt Disney.

Je ne me rappelle pas du tout quand j’ai vu le dessin animé pour la première fois, ni dans quelle condition. Je sais simplement qu’à l’image de Dumbo, il m’a quelque peu traumatisée. J’en gardais donc un souvenir noir, sans trop savoir pourquoi (ce qui n’est pas le cas de l’éléphant, mais on en reparlera en temps voulu).

Moins sensible aujourd’hui, Pinocchio reste un film noir à différents niveaux. Si enfant, je ne savais pas trop ce qui avait pu jouer sur mon subconscient au point de me laisser pendant des années une réelle sensation de malaise, adulte, l’histoire de la marionnette se montre très sombre, claustrophobe et franchement, par moment, plutôt déroutante.

The Disney 50 : Pinocchio (1940)

Le long-métrage commence par plus d’optimisme, avec Jiminy Cricket qui vient nous raconter l’histoire de Pinocchio pour nous démontrer que les rêves peuvent devenir réalité. C’est ainsi que nous faisons connaissance avec Geppetto, un sculpteur sur bois, qui vit dans sa demeure avec son chat Figaro et son poisson Cleo. Il a fabriqué une marionnette qu’il nomme Pinocchio et dont il va faire le vœu qu’il devienne un vrai petit garçon. Grâce à l’intervention de The Blue Fairy (la Fée bleue), le pantin prend vie, mais il doit prouver qu’il est bon avant de pouvoir devenir un vrai garçon. Elle va aussi faire de Jiminy Crickett la conscience de la marionnette pour l’aider à différencier le bien du mal.

Pinocchio offre une véritable quête identitaire avec un personnage principal qui va être confronté à des dangers qu’il ne réussit pas à percevoir. Jiminy Crickett aura quelques difficultés à le guider, de par la naïveté du pantin – miroir de celle des enfants face à un monde manipulateur et sordide – qui doit apprendre la signification du bien et du mal.

The Disney 50 : Pinocchio (1940)

The Disney 50 : Pinocchio (1940)

Le film ne va pas lésiner en délivrant des épreuves toutes plus sombres les unes que les autres qui, avec un regard adulte, peuvent prendre un sens encore plus glauque. Pinocchio se fait manipuler à deux reprises par le duo d’escrocs Honest John (aka Foulfellow, dit Grand Coquin en France) et Gideon (Gédéon), qui est décidé à se faire de l’argent sur son dos. Il se retrouve aux mains de Stromboli, un marionnettiste abusif qui veut aussi gagner des sous en l’exploitant et qui ira jusqu’à utiliser le mensonge et la terreur pour asseoir son autorité et emprisonner Pinocchio. Et, malgré le fait qu’il a clairement été abusé, Pinocchio mentira à la Blue Fairy sur ce qui lui est arrivé par honte, le plaçant dans une position de faiblesse psychologique. Il se rendra ensuite sur Pleasure Island, où Lampwick (Crapule) réunit des petits garçons qu’il dupe aussi pour leur offrir un avenir peu reluisant. Enfin, il finira dans le ventre de la baleine Monstro pour libérer Geppetto.

Pour soutenir un récit déjà sombre, la plupart du long-métrage se déroule de nuit, et les quelques moments de jour auront tendance à être à double sens (entre humour et noirceur de ce qui se prépare). La musique se fait quant à elle régulièrement oppressante, voire angoissante, pour venir épauler un propos sinistre. Heureusement, Pinocchio délivre une fin heureuse.

The Disney 50 : Pinocchio (1940)

Pour illuminer de façon plus concrète l’intrigue, nous avons  Jiminy Crickett qui est autant un guide pour Pinocchio que pour le spectateur, nous menant à chaque étape de l’histoire et y injectant, surtout dans les débuts, un peu de légèreté. The Blue Fairy apporte elle aussi une certaine luminosité.

Du côté de l’animation, le film se révèle bien plus abouti que Snow White à tous les niveaux. L’ensemble est plus fluide, les traits d’une précision incomparable quasiment d’un bout à l’autre, les images sont remplies de détails (le magasin de Geppetto en étant une excellente illustration), et c’est clairement une prouesse technique qui reste toujours impressionnante.

Pinocchio est un voyage initiatique duquel le personnage principal ne peut ressentir aussi pur et innocent qu’il ne l’était au début. Les images sont aussi fortes que le récit, mais il faut bien avouer à l’œuvre, par son traitement narratif de l’enfance et de l’apprentissage de la vie, de se montrer assez pessimiste. C’est donc un film qui est aussi maitrisée qu’il est sombre.

The Disney 50 : Pinocchio (1940)

Réalisateurs : Ben Sharpsteen, Hamilton Luske, Norman Ferguson, T. Hee, Wilfred Jackson, Jack Kinney, Bill Roberts ; scénaristes : Ted Sears, Otto Englander, Webb Smith, William Cottrell, Joseph Sabo, Erdman Penner, Aurelius Battaglia.
Casting (vocal) : Cliff Edwards, Dickie Jones, Christian Rub, Mel Blanc, Walter Catlett, Charles Judels, Evelyn Venable, Frankie Darro.

La prochaine fois : The Rescuers

À propos de l'auteur, Carole.

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