A Royal Affair (En kongelig affære – 2012)

dimanche 12 mai 2013 à 11:33

A Royal Affair (En kongelig affære - 2012)

Critictoo Cinéma continue quelque peu de s’élargir, si je puis le dire ainsi, et après une nouvelle catégorie dédiée au cinéma asiatique, en voici une qui se tourne vers le cinéma nordique. Je commence pour l’occasion avec En kongelig affære, aka A Royal Affair,  un film plutôt récent, qui a connu un certain succès en salle l’année dernière et que, malgré mon affinité pour la fiction historique, je n’avais pas pris le temps de regarder.

Nominé aux oscars dans la catégorie meilleur film étranger, A Royal Affair nous plonge dans la cour du Danemark, au cours du Siècle des Lumières. Alors que l’Europe est secouée par de nouvelles idées, les conservateurs dominent dans le pays que découvre la nouvelle reine, Caroline Mathilde, sœur du roi d’Angleterre George III. Délaissée par son époux Christian VII, psychologiquement malade, la reine va alors se lancer dans une liaison avec le médecin du roi, Johann Struensee.

A Royal Affair (En kongelig affære - 2012)

Le réalisateur Nikolaj Arcel met la romance au cœur de son récit qui donnera naissance à la révolution qui se joue à la Cour, où la confiance du roi envers son physicien va entrainer de multiples réformes dans le pays. Présenté comme un homme intelligent, Struensee  est un idéaliste qui prône la liberté d’expression et qui va voir ses propres idées se retourner contre lui. C’est d’ailleurs sûrement sur ce dernier point que le film pêche ; si Arcel a pris son temps dans son exposition et le développement de sa romance, la chute de Struensee aurait gagné à être plus approfondie pour réellement donner corps à la révolution socio-intellectuelle qui se déroulait et aux ressentis du peuple.

Le romantisme de Royal Affair se trouve autant dans cette liaison dangereuse que dans les idéaux que le couple partage et qui les animent. C’est l’essence même de leur relation, et ils sont tous les deux happés par leurs idéaux au point de ne pas totalement réaliser ce qu’ils font par moment. C’est avant tout l’orchestration de leurs sentiments qui sont le reflet de leurs convictions.

A Royal Affair (En kongelig affære - 2012)

Si Alicia Vikander manque quelque peu de charisme par moment, les deux têtes d’affiche masculines n’ont pas vraiment ce problème, ce qui rend les scènes entre Mads Mikkelsen et Mikkel Boe Følsgaard plus fascinantes que le reste. Le second dans la peau du roi, dont il s’agit du premier film, est d’ailleurs plus qu’impressionnant, évitant les écueils propres à ce genre de rôle ; il délivre une prestation tout en sensibilité qui fait sortir le personnage de sa dimension de roi malade et manipulable pour le transformer en figure torturée qui ne peut laisser indifférent.

A Royal Affair profite sans conteste de son sujet assez peu connu en dehors du Danemark pour se démarquer, avec de belles images au service des idées révolutionnaires de cette époque. Arcel aura subtilement su exploiter cette liaison royale pour véhiculer autant l’émotion que l’idéalisme qui habite son couple – avec le rêve d’un avenir meilleur.

A Royal Affair (En kongelig affære - 2012)

Réalisateur : Nikolaj Arcel ; scénariste : Rasmus Heisterberg et Nikolaj Arcel.
Casting : Mads Mikkelsen, Alicia Vikander, Mikkel Boe Følsgaard, Trine Dyrholm, David Dencik, Thomas W. Gabrielsson, Cyron Bjørn Melville, Laura Bro, Bent Mejding, Søren Malling.

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