Alien 3 (1992)

mercredi 19 janvier 2011 à 23:32

Alien 3 est un film qui a été difficile à faire, passant par diverses étapes, dont les premières excluaient même la présence de Ripley. Au final, ce fut un mélange de plusieurs scénarii qui finit entre les mains de David Fincher. C’était son premier film et ça n’a pas dû être facile. D’ailleurs, après ça, il est retourné réaliser des clips quelque temps.

On peut quand même dire qu’il y avait là les prémices de son travail futur. Quoi qu’il en soit, nous avons Ripley qui est la seule survivante, une fois de plus, après le crash du module de sauvetage de la navette. Newt, Hicks, et Bishop n’ont pas survécu au crash, mais un alien oui. Enfin, pas un adulte, une araignée pondeuse. Bref, Ripley est recueillie dans une prison/usine où il n’y a que des hommes et pas des gentlemen. Environnement hostile, mais rapidement, la chaine alimentaire change avec l’arrivée d’un prédateur qui surclasse les autres.

On retrouve ainsi la chasse à l’Alien dans un espace clos, sauf que c’est bien plus grand que le Nostromo et qu’il y a assez de victimes en puissance pour que le jeu de pistes dure assez longtemps. Le twist est que Ripley finit par découvrir qu’elle en a un qui grandit en elle, une reine pour être précis, ce qui fait que la Compagnie est en route pour la récupérer.

On ne peut pas dire que cet Alien 3 ait une très bonne réputation. À dire vrai, c’est celui que j’ai le moins vu de la série et pour cause, je ne le trouve pas véritablement palpitant. Le film se contente de jouer sur des ressorts déjà bien utilisés par les précédents et, malgré sa conjoncture, il n’arrive pas à apporter un plus qui pourrait le démarquer. Les personnages sont survolés, Charles Dance hérite de celui qui a le plus d’approfondissements, mais il se fait tuer dès qu’il a fini de nous raconter son histoire, ce qui détruit tout le travail qui avait été fait pour le lier à Ripley. Après ça, elle se retrouve donc seule, sans réelle connexion émotionnelle, et seul son désir de mourir pour tuer la bête qui est en elle est ce qui parvient à générer un certain impact. Le personnage joué par Charles S. Dutton avait du potentiel, mais on passe trop de temps à éviter de s’intéresser à lui, ce qui fait qu’au moment où il prend les devants il s’impose juste par défaut.

Globalement, Alien 3 souffre du fait que sa construction est trop compartimentée, laissant Ripley au cœur de l’intrigue, mais l’empêchant de trouver une place qui aurait pu permettre à l’environnement dans lequel elle évolue de prendre une véritable épaisseur. Toute la partie religieuse est accessoire, les développements relationnels sont limités, l’action est par contre bien gérée, même si l’alien est parfois un peu mal rendu à l’écran. La fin s’appuie une nouvelle fois sur l’aspect « compagnie », ce qui a le mérite d’offrir une conclusion dans l’esprit de la série. L’ensemble, à défaut d’être plus, se révèle quand même suffisamment divertissant et accrocheur pour que l’on ne s’ennuie pas. Le plus triste c’est juste tout le potentiel de gaspillé je trouve.

Réalisateur : David Fincher ; Scénaristes : David Giler, Walter Hill, Larry Ferguson.
Casting : Sigourney Weaver, Charles S. Dutton, Charles Dance, Brian Glover, Ralph Brown, Paul McGann, Danny Webb, Pete Postlethwaite, Lance Henriksen, Leon Herbert, Peter Guinness.