An Education (2009)

lundi 11 janvier 2010 à 23:09

Résumé : 1961, Angleterre. Jenny a seize ans. Élève brillante, elle se prépare à intégrer Oxford. Sa rencontre avec un homme deux fois plus âgé qu’elle va tout remettre en cause. Dans un monde qui se prépare à vivre la folie des années 60, dans un pays qui passe de Lady Chatterley aux Beatles, Jenny va découvrir la vie, l’amour, Paris, et devoir choisir son existence.

En 1997, Nick Hornby signait l’adaptation de son propre livre, Fever Pitch. Depuis, il était resté au roman. An Education est donc son second scénario, mais qui n’est pas un original, car il adapte les mémoires de Lynn Barber. Le tout mis en scène par l’Allemande Lone Scherfig.

Jenny a 16, est une élève studieuse et travaille pour aller à Oxford. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir développée une personnalité rebelle-bourgeoise, à l’aide de cigarettes, tea party et de la culture française. Début des années 60, l’esprit venue de France apparaissait plus controversée et libérale et faisait donc rêvée les jeunes anglaises.

Il y a de la suffisance dans Jenny, qui réussit à être sympathique avant tout grâce à Carey Mulligan, même si sa performance ne mérite vraiment pas un oscar. Pour le coup, il lui arrive d’être assez antipathique, et je dois dire qu’elle atteint un certain sommet d’égocentrisme vers la fin assez incroyable. La jeune demoiselle s’est amouraché de David, trentenaire qui se dit prêt à l’emmener voir Paris. Ce qu’il va faire, soit dit en passant. Seulement voilà, l’homme n’est pas exactement parfait sous tous rapports, mais elle va réussir à s’accommoder de ces menus détails – elle veut mener la grande vie, après tout. Comme Danny et Helen, le couple d’ami, et qui sont, dans ce milieu aussi codifié que celui auquel veut échapper Jenny, bien plus humains, touchants, et intéressants – de par leur opposition et leur complémentarité.

Les parents voient un bon parti en David, qui pourra assurer l’avenir de leur fille sans passer par la case Oxford – ce qui, il faut reconnaître est bien plus économique. Sa prof, Miss Stubbs la voit gâcher sa vie, tandis que ses deux amies n’y voient qu’une incroyable romance.

Jenny va donc être éduquée. Et, pas que de la façon dont elle l’aurait souhaitée. Elle va en tirer une leçon, qui ne va pas véritablement lui retirer son côté un peu prétentieux qu’elle a. Enfin, c’est mon avis sur la question – et sur la voix-off qui conclut assez mal le film.

Au final, An Education n’est pas vraiment une déception, mais ne se révèle pas être l’œuvre intelligente que je m’attendais à voir. Au contraire, elle a un côté un peu trop conventionnel qui est contrebalancé par le don inestimable des Anglais à narrer des films d’époques et à se glisser dedans. Cela donne un film plaisant et bien fichu, mais qui manque définitivement de l’ingrédient pour en faire plus.

Enfin, malgré tout, et si aucune réponse évidente (elle est implicite) à la question n’est fournie, Jenny sera quand même possédé d’un éclair de génie qui, à lui seul, pourrait justifier tous ces faux pas (ou en tout cas, les explique) :

« It’s not enough to educate us anymore, Miss Walters. You’ve got to tell us why you’re doing it…You never know: someone else might want to know the point of it all one day. »

Réalisatrice : Lone Scherfig; Scénariste : Nick Hornby, d’après le roman de Lynn Barber.
Casting : Carey Mulligan, Peter Sarsgaard, Emma Thompson, Dominic Cooper, Olivia Williams, Alfred Molina, Rosamund Pike.