Anarchy in the U.K. : V pour Vendetta

samedi 01 juin 2013 à 11:58

V for Vendetta (2005)

Blockbusters est une nouvelle chronique dans laquelle on revient sur ces films hollywoodiens destinés à offrir du grand spectacle pendant la saison estivale pour voir comment ils passent l’épreuve du temps.

V for Vendetta (2005) de James McTeigue

Budget : 54 millions de $ – Box Office : 132 millions de $

IMDB : 8.2/10RT : 6.8/10.

L’histoire : En 2038, après avoir survécu à une guerre et à un virus mortel, l’Angleterre se retrouve dirigée par un parti fasciste. Le 5 novembre, un mystérieux homme masqué qui se fait appeler V fait exploser l’Old Bailey après avoir sauvé Evey Hammond qui devient suspecte dans toute l’affaire. Le lendemain, V déclare à la télévision qu’il fera exploser le Palais de Westminster dans un an.

V for Vendetta (2005)

Pour moi, trouver V for Vendetta dans le top 250 IMDB est assez étrange, en grande partie parce que j’ai réellement eu des difficultés à appréhender ce film quand je l’ai vu la première fois. Où était passé le discours tendancieux d’Alan Moore ? Son sujet polémique qui rend son œuvre aussi pertinente en premier lieu ?

Les Wachowski ont repris une partie de l’histoire, mais l’ont dénaturé pour la rendre simpliste, pour ne pas dire qu’ils ont abruti le propos pour le rendre universellement digestible.

Donc, regarder V for Vendetta en m’éloignant de cette perspective m’a permis d’en apprécier les qualités. J’arrive mieux à cerner son succès populaire, même s’il ne mérite pas vraiment d’être aussi bien noté. Sa première partie est vraiment très efficace, mais plus le film avance et plus il s’égare dans des explications trop nombreuses et des illustrations inutiles d’idées pourtant bien claires dès le départ. Le souci était probablement de justifier la place d’Evey dans l’histoire après avoir supprimé une grosse partie de ce qu’elle devait apporter et qui alimentait son aventure écrite par Alan Moore. Natalie Portman – et son accent occasionnellement un peu poussif – tient cependant bien la mesure, mais son talent est par moment un peu sous-exploité à cause du côté trop didactique de son rôle.

Idem pour Stephen Rea qui joue le policier traquant V dont la place au cœur du récit est réduite à peu de choses : raconter la backstory de ce terroriste pas comme les autres. Les dilemmes moraux auxquels il est confronté sont progressivement éclipsés pour laisser les éléments de la légende remonter à la surface.

Le scénario sacrifie ainsi l’action pour mieux exposer un propos qui fut pourtant dilué au point d’en devenir sévèrement manichéen. Bien entendu, un tel discours contre le fascisme ne peut que faire son effet, et celui-ci mènera à un final dont le court momentum est compensé par la force du sujet. Malheureusement, celui-ci n’apporte rien de particulièrement nouveau et c’est probablement pour cela qu’aujourd’hui le masque de Guy Fawkes est ce qui est retenu plus qu’autre chose.

V for Vendetta est donc mauvais en termes d’adaptation, mais c’est un blockbuster correct bien qu’il soit moins intelligent qu’il tente de le paraitre. C’est son défaut principal qui fait qu’il finit par être un peu trop long et passablement oubliable.

Réalisateur : James McTeigue ; Scénariste : The Wachowskis.
Casting : Natalie Portman, Hugo Weaving, Stephen Rea, Stephen Fry, John Hurt, Tim Pigott-Smith, Rupert Graves, Roger Allam, Ben Miles, Sinéad Cusack.