Beasts of the Southern Wild (Les bêtes du sud sauvage – 2012)

mercredi 12 décembre 2012 à 11:25

Après avoir fait parler de lui tout au long de l’année au fil des festivals, Beasts of the Southern Wild restait un mystère, car je ne savais pas du tout quel en était le sujet jusqu’à ce que je le regarde. Et même à ce moment-là, ce n’est pas devenu immédiatement clair.

L’histoire se centre sur la jeune Hushpuppy qui vit dans une petite communauté du bayou de Louisiane, the Bathtub. Vivant reclus, ses habitants chérissent un style de vie isolé peu orthodoxe de nos jours qui va être perturbé par l’arrivée d’une tempête qui engloutira la région.

Très immersif, le film nous plonge aux côtés d’Hushpuppy et s’efforce de nous montrer le monde comme elle le perçoit du haut de ses six ans. Entre l’attachement à la terre qui est le symbole de la culture que son père lui transmet et son penchant pour l’aventure, la jeune fille semble se placer au cœur d’un écosystème que le réalisateur tend à vouloir rendre plus métaphorique qu’autre chose par moment. Un angle qui donne ponctuellement au film un côté surréaliste qui parait complètement assumé et qui injecte dans l’ensemble une étrange atmosphère poétique que l’envoutante musique et la voix off d’Hushpuppy ne font qu’amplifier.

Beasts of the Southern Wild est ainsi un long métrage relativement atypique qui se repose en grande partie sur l’aura de la jeune interprète principale, Quvenzhané Wallis, qui, malgré son petit gabarit, envahit l’écran de par sa présence. Le réalisateur, Benh Zeitlin, la laisse alors séduire la caméra et il se contente parfois de simplement délivrer de belles images pour accompagner son sujet.

C’est un premier film avec un petit budget, mais Zeitlin s’en sort haut la main en développant un style qui permet de laisser passer certaines maladresses qui appuient étrangement le charme de l’ensemble. Seules les fameuses bêtes du titre ont tendance à ne pas paraitre à leur place, principalement parce qu’elles ajoutent quelque chose qui n’était pas nécessaire, testant alors un peu trop les limites la cohésion de l’histoire.

Cela dit, Beasts of the Southern Wild n’en démérite pas pour autant, ses points faibles étant si facile à occulter une fois que l’on est plongé dans l’atmosphère de ce film légèrement à part qui rend étrangement optimiste.

Réalisateur : Benh Zeitlin ; Scénaristes : Lucy Alibar, Benh Zeitlin.
Casting : Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly, Gina Montana, Lowell Landes, Jonshel Alexander.