Black Christmas (1974)

mardi 18 décembre 2012 à 10:07

Qui dit film de Noël ne pense pas forcément à slasher de Noel, mais c’est pourtant ce qu’est Black Christmas. L’histoire prend place dans une sororité où les habitantes s’apprêtent à partir pour les fêtes de fin d’année. C’est dans leur grenier qu’un tueur psychopathe s’installe avant de commencer à liquider les pauvres victimes qui lui tombent sous la main. Il prend aussi le temps d’utiliser la seconde ligne téléphonique de la grande maison pour effrayer les étudiantes, même si cela n’est pas vraiment son but au premier abord, puisqu’il est tout simplement fêlé.

Ce film canadien des ‘70s est devenu culte avec les années et a beaucoup plus influencé son genre, posant plus ou moins les codes de son sous-genre, mais cela ne l’empêche pas d’être aujourd’hui légèrement daté visuellement parlant. D’après ce que j’ai pu apercevoir sur l’interweb, la restauration pour le blu-ray améliore tout de même les choses, notons-le. Le réalisateur, Bob Clark, a eu quelques bonnes idées du point de vue technique, bien que cela ne rende pas toujours très bien.

Peu importe en réalité, car si Black Christmas gagne encore à être regardé aujourd’hui, c’est parce qu’il est plus ou moins politiquement incorrect — tout particulièrement en comparaison avec les standards contemporains — et cela le rend extrêmement plaisant à suivre. Margot Kidder boit comme un trou en permanence (elle n’est pas la seule) et son personnage ira même jusqu’à faire boire un enfant, ce qui est étrangement comique ; idem avec le Père Noël vulgaire comme ce n’est pas permis avec les enfants sur ses genoux. À côté de ça, les cigarettes s’enchainent et l’héroïne apprend à son petit-ami qu’elle est enceinte et qu’elle va avorter, qu’il soit d’accord ou non. Cela ne la condamne pas à y passer en premier, puisque la première à se faire assassiner est justement la jeune femme la plus irréprochable de la sororité, ce qui ne fait pas d’elle une sainte, il faut bien l’admettre. De toute façon, les victimes sont relativement aléatoires et cela n’a pas trop d’importance.

Les morts ne sont pas si nombreuses que ça, cela dit, et elles ne fonctionnent pas toutes au final. Par contre, l’humour fait encore des étincelles et parvient à se maintenir jusqu’à la fin. D’ailleurs, la conclusion ne résout pas grand-chose, ne nous expliquant même pas qui est le tueur.

Black Christmas n’est clairement pas un film à regarder en famille le soir du réveillon, mais il reste tout de même de saison. Bien qu’il a quelque peu vieilli et n’est plus spécialement effrayant, il est sympathique à suivre – je suppose qu’après quelques bières de Noël il est encore meilleur.

Réalisateur : Bob Clark ; Scénariste : Roy Moore.
Casting : Olivia Hussey, Keir Dullea, Margot Kidder, John Saxon, Marian Waldman, Andrea Martin, James Edmond, Doug McGrath, Art Hindle.