Brave (Rebelle – 2012)

samedi 27 avril 2013 à 11:00

Avec Brave (Rebelle), Pixar offre pour la première fois la vedette à un personnage féminin et par la même occasion, se frotte au symbolisme de la princesse, quelque chose que l’on associe bien plus à Disney.

Le studio aurait pu alors dangereusement tomber dans les clichés du genre pour l’occasion, mais il va trouver une façon d’aborder la thématique en y injectant suffisamment de modernité pour contrer les obstacles.

Dans Brave, Merida est la fille du roi Fergus en Écosse, destiné à marcher dans les pas de sa mère. Seulement, l’adolescente rêve d’un tout autre avenir, ne souhaitant pas se marier, mais préférant au contraire galoper dans ces terres sauvages, grimper les rochers et tirer à l’arc. La princesse incarne l’esprit libre de la région, tandis que la reine Elinor symbolise la rigidité et les règles qui accompagne sa position – et que Merida, trop jeune, ne saisit pas vraiment.

Au cœur du film, c’est la relation complexe entre une mère et sa fille, les deux étant coincées dans un cercle d’incompréhension qui les empêche de réellement saisir le point de vue de l’autre. Merida veut ainsi changer son destin et c’est là que la magie entre en jeu pour l’aider. Elle va rencontrer des will-o’-the-wisp qui vont la guider vers une sorcière qui lui fournira ce qu’il faut pour atteindre son but – mais cela ne prendra pas la forme que Merida attendait.

Brave nous entraine donc en Écosse avec tout ce que cela implique : paysages, mythes, ambiance sonore celtique, kilts et accents. La crinière rousse de Merida est flamboyante, et Pixar est devenu un maitre dans l’art du mouvement au point que suivre ceux des cheveux de l’héroïne en est presque aussi électrisant que de la voir sur son cheval au galop. Le film resplendit de tous les côtés, les couleurs sont superbes, les textures tout autant, et la musique (quoi que pas forcément original) complète bien le tableau).

Il y a de quoi s’ébahir devant les images qui viennent alors compenser un scénario un peu maigre. Celui-ci parvient pourtant à ne pas prendre une route trop clichée, évitant les étapes classiques, comme le moment tragique (ou la romance), pour se concentrer sur la dynamique mère/fille où elles se découvrent chacune sous un nouveau jour. Brave est avant tout un film relationnel, un clash entre deux générations de femmes, l’enfant devant mûrir tandis que la mère doit accepter le changement et les décisions de sa fille. Pour autant, le long-métrage ne réussit pas trop à instaurer d’éléments de surprises, et suit malgré tout un développement codifié qui aurait gagné en force avec une meilleure montée des enjeux et une meilleure gestion du danger. Brave possède d’ailleurs quelques scènes que j’ai trouvé un brin trop enfantine pour moi, à l’image de la course poursuite dans le château orchestré par les triplés et frères de Merida. Comme souvent, par contre, le film est peuplé de personnages secondaires de qualité qui participe à crédibiliser l’univers et à rendre l’œuvre plus vivante.

Forcément, pour donner vie à ses personnages, Pixar s’est tourné du côté des acteurs anglais, avec un casting très écossais. En tête, on a la voix reconnaissable entre toutes de Kelly McDonald pour Merida et qui domine le long-métrage. Emma Thompson qui prête sa voix à Elinor n’a pas d’accent écossais, ce qui se dénote dans l’ensemble où l’on retrouve Billy Connolly, Kevin McKidd,  Robbie Coltrane ou encore Craig Ferguson.

Brave se révèle donc être un sympathique film Pixar sans réussir à fournir plus. Il illustre à merveille les prouesses techniques du studio. En se collant à une histoire de princesse, Pixar aurait pu tomber dans quelques pièges, mais en évite judicieusement en se concentrant avant tout sur une relation parent-enfant, malgré le fait que l’intrigue manque franchement d’intensité.

Réalisateurs : Mark Andrews et Brenda Chapman ; scénaristes : Steve Purcell, Brenda Chapman, Irene Mecchi.
Casting : Kelly Macdonald, Julie Walters, Billy Connolly, Emma Thompson, Kevin McKidd, Craig Ferguson, Robbie Coltrane.