Byzantium (2012)

mercredi 28 août 2013 à 11:12

Byzantium (2012)

Dix-huit ans après Interview with the Vampire, Neil Jordan replonge dans le monde des vampires qui a bien changé après toutes ces années. La Bit-lit a explosé sous l’impulsion de la saga Twilight et la mythique créature de la nuit a quelque peu perdu de sa superbe aux yeux du réalisateur qui, visiblement, avait envie de rectifier le tir en tentant de se réapproprier les canons actuels.

Byzantium se propose donc d’inverser les rôles et de nous conter l’histoire d’Eleanor (Saoirse Ronan), une adolescente vampire qui s’amourache d’un jeune romantique – pour faire simple – mais qui est prisonnière de son secret. Elle est protégée par sa mère, Clara (Gemma Arterton), qui fait tout pour tenir éloignés leurs ennemis tout en gagnant son pain de la seule façon qu’elle connait, la prostitution. Malgré le danger, Eleanor ne peut pas s’empêcher de raconter sa vie.

Byzantium (2012)

Neil Jordan est en quelque sorte motivé par l’envie de ne pas nous délivrer un vampire handicapé par les poncifs du genre. Il tente alors de lui enlever de sa mystique, tout en conservant quelques attributs clés et en posant les bases d’une mythologie validant un mythe ancien servant à éluder les questions inutiles qui auraient focalisé toute l’attention sur le vampire et non sur les personnages.

Il semble d’ailleurs assez clair que l’idée première est de raconter une histoire, mais le twist est que ce n’est pas celle d’Eleanor, mais celle de sa mère. Jordan brouille les pistes avec une narration hachée qui impose sans cesse des détours entre chaque flashback nous dévoilant un peu plus la vie sordide de Clara – ou comment celle-ci devint vampire.

Byzantium (2012)

Saoirse Ronan a beau être placée au premier plan, c’est Gemma Arterton qui tire la couverture vers elle, révélant progressivement que les choix que Clara a pris pour la sauvegarde de sa fille l’ont transformé en un être bien plus complexe que l’objet sexuelle qu’elle veut paraitre. Arterton nous sert une prestation captivante et nuancée à l’opposée de Ronan qui se trouve coincée dans le rôle d’une adolescente de 200 ans assez fade qui se comporte encore comme une petite fille refusant de comprendre les dangers du monde qui l’entoure.

Comme Eleanor, Jordan est obsédé par son besoin de raconter son histoire, mais il semble avoir peur de le faire franchement. Il la noie alors en plantant un décor qui n’est qu’une diversion. Byzantium en ressort comme n’étant qu’à moitié le film qu’il aurait pu être, ce qui est regrettable quand on voit le potentiel de la mythologie vampirique ébauchée ici. Les motivations du réalisateur ont été quelque peu contre-productives, mais parviennent tout de même à donner forme à un long-métrage qui, à défaut d’être l’antithèse qu’il cherchait à être, s’impose malgré tout comme une alternative intéressante dans son genre.

Byzantium (2012)

Réalisateur : Neil Jordan ; Scénariste : Moira Buffini.
Casting : Saoirse Ronan, Gemma Arterton, Sam Riley, Jonny Lee Miller, Daniel Mays, Caleb Landry Jones, Maria Doyle Kennedy, Tom Hollander, Thure Lindhardt.