Captain America : The First Avenger (2011)

lundi 17 octobre 2011 à 23:38

Captain America est le dernier film à nous préparer au blockbuster de l’été prochain, The Avengers. Ils ont même rajouté The First Avenger, même si rien dans le film n’indique ce qu’est un Avenger. Il faut dire que si Marvel/Disney a decidé de s’en mettre plein les poches avec ses héros, le réalisateur Joe Johnston et les scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely profitent de l’époque où se déroule le film pour s’émanciper un peu de ce qui définit la franchise Avengers et maintenir une sorte d’idéal créatif faisant que Captain America ne sonne pas totalement comme un simple film de commande. Je dois bien le dire, cela fait plutôt plaisir.

Pour ne rien gâcher, Steve Rogers (aka Captain America) se distingue de par son humilité et un véritable héroïsme. Cet homme a le sens du sacrifice. Encore une fois, il faut bien dire, cela varie un peu après deux Iron Man et un Thor.

Quoi qu’il en soit, Captain America se déroule donc à l’époque de la Seconde Guerre Mondiale, avec un Chris Evans tout gringalet (particulièrement réussi) qui est déterminé à s’engager pour se battre, mais qui se voit toujours refuser. Le Dr. Abraham Erskine (Stanley Tucci) va lui offrir sa chance en voulant faire de lui un super-soldat. Le film prend donc le temps de bien exposer la personnalité de Rogers et ce qui l’anime plus que tout. Après cela, Rogers ne rejoint pas tout de suite le front, mais le film aura installé une bonne partie de ses personnages, ainsi que l’adversaire, Hugo Weaving étant Red Skulls, qui mène l’Hydra. Ce concept qui parait peu crédible de nos jours ne pouvait décemment s’épanouir que dans un film au style un peu rétro, mais quand même moderne. Il y a une réelle approche britannique dans le visuel, pas de doute sur le fait qu’ils ont engagé du monde sur place, vu que c’est en Angleterre qu’il a été tourné. Le casting laisse de toute façon peu de doute sur la question. D’ailleurs, pour poursuivre là-dessus, celui-ci est particulièrement bon, avec un faible personnel pour Dominic Cooper. Hayley Atwell représente dignement la gent féminine en incarnant Peggy Carter, le premier et seule véritable rôle féminin du film ; une femme de caractère qui s’impose sans difficulté dans ce monde d’hommes. Le fait que l’actrice soit talentueuse ne gâche strictement rien, au contraire.

Une fois posé les bases et passé la propagande, Captain America délivre pas mal d’actions et d’explosions. Si on passe la première mission non-officielle de Rogers qui se montre un peu poussive – pas dans l’action, mais dans la façon dont il entre dans les lieux et trouve Bucky -, le film délivre de véritables moments d’action enthousiasmants et assez fous pour être à la hauteur des ambitions. Rogers ayant un but précis à atteindre, la plus grande force du film – qui ne dure finalement que 2 heures – est qu’il ne peut pas trop se perdre en égarement ou en scènes inutiles. Les choses vont parfois un peu vite, mais quand il faut mélanger action, romance, introduction de personnages, et la petite dose de fun qui semble quasi-obligatoire, c’est un peu inévitable.

Captain America bénéficie en tout cas de se dérouler loin de notre époque pour instaurer solidement son héros sans avoir à jongler avec trop de détails. Bien entendu, comme il sera là dans The Avengers, il faut l’amener à notre époque. Il est un peu dommage là-dessus que cela soit fait si vite, car il y avait un choc psychologique qui aurait certainement mérité un peu plus d’une scène. En somme, le sujet mériterait tout un film, mais il n’y a pas le temps pour cela. Quoi qu’il en soit, Captain America délivre tout ce qu’on pouvait attendre de lui, et même un peu plus, et c’est tant mieux.

Réalisateur : Joe Johnston ; scénaristes : Christopher Markus & Stephen McFeely.
Casting : Chris Evans, Tommy Lee Jones, Hugo Weaving, Hayley Atwell, Sebastian Stan, Dominic Cooper, Neal McDonough, Derek Luke, Stanley Tucci, Kenneth Choi, Bruno Ricci, J. J. Feild, Toby Jones, Richard Armitage, Samuel L. Jackson, Stan Lee, Amanda Righetti