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The Pixar Story (2007)

mercredi 08 août 2012 à 10:05

En 2007 sort The Pixar Story, un documentaire qui retrace l’histoire de Pixar, de sa création à son succès confirmé, le film s’arrêtant plus ou moins à Finding Nemo.

À la réalisation, c’est Leslie Iwerks, la fille de Don Iwerks (une légende Disney) et la petite fille de Ub Iwerks (autre légende Disney, c’est l’homme qui a créé Mickey).  Autant dire qu’elle a ses entrées, mais cela ne semble pas franchement l’avoir aidé ou inspiré. En effet, si The Pixar Story a un défaut, c’est bien son conventionnalisme et le fait que le documentaire en lui-même n’apporte pas grand-chose – en tout cas, pas à ceux qui ont grandi avec Pixar et connaissent déjà l’histoire dans ses grandes lignes. Je mentirais en disant que je n’ai pas appris quelques petites choses par-ci par-là, mais rien de fondamental ou qui ne peut se trouver ailleurs.

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Indie Game: The Movie (2012)

samedi 30 juin 2012 à 12:16

Indie Game: The Movie est un documentaire qui se propose de nous emmener dans l’univers indé du jeu vidéo. Il est lui-même un film indépendant qui s’est bien fait remarquer à SxSW et à Sundance où les réalisateurs, Lisanne Pajot et James Swirsky, sont repartis avec un prix.

Il arrive donc avec une publicité relativement positive, même s’il est nécessaire de relativiser un peu les choses, car après tout, c’est un univers indé qui parle d’un autre univers indé. Comme le dit l’un des intervenants au début du film, la seule différence entre lui et d’autres artistes, c’est le média qu’il a choisi pour s’exprimer. Concrètement, Indie Game: The Movie est plus ou moins une métaphore pour tous ceux qui sont passionnés au point de consacrer leur vie à créer, et ce, de manière totalement indépendante. Les galères financières et la pression psychologique sont indéniablement la même, peu importe le moyen d’expression au final.

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The War Room, dans les coulisses d’une élection présidentielle (1993)

vendredi 30 mars 2012 à 12:39

The War Room est un documentaire qui date de 1993 et qui s’intéresse de près à la campagne électorale de Bill Clinton qui, pour ceux qui sont trop jeunes pour s’en souvenir, est devenu POTUS cette même année. C’était donc assez révolutionnaire à l’époque de plonger dans une page d’histoire qui venait tout juste de se tourner. Le découvrir aujourd’hui, c’est indéniablement différent, mais pas pour autant inintéressant, de loin, car cette campagne changea la façon de faire de la politique aux États-Unis.

Techniquement, le film a vieilli et sa première partie est maladroitement montée, surtout parce qu’elle ne pose pas clairement un contexte qu’il n’était pas nécessaire d’expliquer quand il est sorti. On pourrait donc reprocher à Chris Hegedus et D. A. Pennebaker de n’avoir pas pensé à la pérennité de leur œuvre. Il est donc conseillé d’avoir quelques connaissances de base sur le sujet pour ne pas trop se gratter la tête au départ. Après, c’est toute autre chose, car le film se concentre sur les célèbres James Carville (chef stratégiste) et George Stephanopoulos (directeur de la communication de la campagne).

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Waking Sleeping Beauty (2009)

jeudi 22 mars 2012 à 11:58

Réalisé par Don Hahn, Waking Sleeping Beauty est un documentaire qui retrace la renaissance des studios d’animation Disney, de 1984 à 1994, par ceux qui l’ont vécu de l’intérieur. L’approche personnelle du réalisateur, qui était donc présent et employé par la Souris au moment de cette période majeure, fournit au film une palette d’émotions assez fortes qui aide à s’immerger complètement dans les évènements.

Hahn a construit son documentaire à l’aide d’images d’archives et de commentaires qui rendent le récit parfois trop dense. Le plus gros défaut de l’œuvre se trouve clairement dans sa façon de nous dire qui on entend parler, à l’aide d’une petite bulle colorée qui s’efface parfois trop vite. Ce qui compte, au fond, ce n’est pas tant l’interlocuteur, mais ce qu’il dit, mais cela aurait pu être techniquement mieux fait. Cela et quelques effets visuels un peu douteux.

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Des ovnis, des monstres et du sexe – Corman’s World : L’histoire de l’homme qui changea Hollywood

lundi 12 mars 2012 à 12:52

Corman’s World est un documentaire qui s’intéresse à l’œuvre de Roger Corman et à son héritage. Bien entendu, comme tout le monde, pour moi, Corman n’était que le grand maitre de la série B… jusque-là. Après avoir vu ce film, j’ai plus ou moins la conviction qu’il est simplement l’homme qui a défini le cinéma tel qu’on le connait aujourd’hui et c’est juste totalement captivant.

Le fait qu’il ait lancé les carrières de Jack Nicholson, Martin Scorcese, Ron Howard, Peter Fonda, Jonathan Demme, Peter Bogdanovich et j’en oublie des tonnes est déjà impressionnant, mais qu’il l’ait fait en enchainant les séries B et en restant indépendant d’un bout à l’autre l’est encore plus. Il était passionné et a tout appris tout seul au fur et à mesure, enchainant des œuvres qui finirent par être embrassées totalement par une contre-culture. Comme dit Nicholson, de temps à autre, il faisait un bon film, mais c’était surement accidentel. Peu importe, car il offrait aux gens ce qu’ils voulaient et il se faisait plaisir au passage, tout en gagnant de l’argent.

Il est dommage que Corman n’ait pas suivi tous les autres vers les sommets, mais d’un autre côté, il était juste un rebelle et l’est toujours. C’est probablement l’homme le plus intègre et honnête du business, sans oublier qu’il est certainement l’un des plus gentils aussi.

Corman’s World est clairement un documentaire à ne pas manquer pour tous les passionnés du cinéma. Ce que j’ai écrit précédemment ne fait qu’effleurer le sujet et je ne peux que vous encourager ne pas passer à côté. De plus, c’est divertissant comme ce n’est pas permis.

C’était diffusé ce samedi soir sur Arte sous le titre Des ovnis, des monstres et du sexe  et c’est rediffusé le 23 mars à 02h25. Il est également disponible en ligne sur le site de la chaine.

Being Elmo: A Puppeteer’s Journey (2011)

vendredi 06 janvier 2012 à 12:40

Bienvenue dans le monde merveilleux de Sesame Street où les marionnettes apprennent aux enfants plein de choses. Derrière la marionnette la plus connue, Elmo, se cache Kevin Clash, un homme pas comme les autres.

Réalisé par Constance MarksBeing Elmo: A Puppeteer’s Journey est donc un documentaire qui s’intéresse à un homme peu connu, mais qui donne vie à une créature velue extrêmement célèbre dans son pays, et pas que chez les enfants.


Give a hug to Elmo

L’histoire de Kevin Clash n’est pas commune. Il a commencé à faire des marionnettes étant tout jeune et n’a jamais arrêté. Il est rare de voir une personne grandir à ce point pour vivre son rêve. Il était pourtant pauvre, dans la banlieue de Baltimore, loin de New York où tout se passait, et il n’avait rien d’autre que son talent et sa passion, sans oublier le soutien de ses parents.

On suit donc Kevin grandir et réussir à monter les marches une à une vers le succès. Pas de twist tordu ou de retournement de situation qui ont fait qu’il a dû repartir à zéro et remonter la pente. Non, il a une carrière qui a commencé en bas de l’échelle, participant à une émission tv locale alors qu’il était encore au lycée, et il a travaillé comme un malade pour atteindre son but : être avec les plus grands à Sesame Street.


Les premiers pas vers le succès.

Concrètement, Being Elmo, c’est l’illustration du classique rêve américain dans toute sa splendeur. Ce qui fait que c’est ultra captivant, c’est le fait que Kevin est humble et passionné au point que cela en devient purement contagieux. Son admiration pour Jim Henson qu’il vénérait – et vénère toujours – est touchante, tout comme le respect qu’il a pour ceux qui l’entourent et ceux qui lui ont tout appris ou offert l’opportunité de prouver ce qu’il valait. Il serait presque difficile à croire qu’il est plus ou moins le boss du business aujourd’hui.

En tout cas, Being Elmo raconte une très belle histoire qui fait rire et presque pleurer par moment. Ça déborde de chaleur humaine et à la fin on se sent vraiment bien. En plus, c’est très bien documenté avec des images d’archives qui nous emmènent dans les coulisses du business, de Captain Kangaroo à Sesame Street, en passant par les tournages de The Dark Crystal ou de Labyrinth.

Régulièrement depuis sa projection à Sundance l’an passé, j’ai entendu beaucoup de bien sur ce documentaire et il se trouve que c’était encore meilleur que je ne m’y attendais.

Réalisatrice : Constance Marks.
Avec : Whoopi Goldberg, Kevin Clash, Jim Henson, Frank Oz, Bill Barretta, Carroll Spinney, Rosie O’Donnell, Fran Brill, Martin P. Robinson.

Pearl Jam Twenty (2011)

dimanche 23 octobre 2011 à 21:23

Cela fait maintenant 20 ans que le groupe Pearl Jam a vu le jour. J’ai toujours aimé leur musique, même si je n’ai pas été un fidèle d’un bout à l’autre. Donc, comme avec les Foo Fighters il y a peu, nous revenons sur leur carrière. Ici, c’est Cameron Crowe qui est aux commandes. Le réalisateur est connu pour sa forte connexion dans le monde de la musique, notamment grâce à son ancienne carrière de critique musical. Bref, il était présent il y a 20 ans et est toujours resté en contact avec le groupe. Du coup, il n’y avait pas vraiment quelqu’un d’autre de mieux placer pour s’occuper de ce film anniversaire.

L’avantage supplémentaire est que Crowe avait du matériel inédit et connaissait des gens qui en avaient, en plus d’en collecter auprès de fans. Résultat, Pearl Jam Twenty ne se repose pas immédiatement sur ce que les personnes impliquées ont à dire, à la place, il utilise beaucoup d’images d’archives pour en raconter un maximum, laissant la narration évoluer petit à petit vers les interviews.

Quand on aime Pearl Jam, c’est un indispensable, sans discussion. Si on ne connait pas, c’est l’opportunité d’en apprendre un peu sur ce qu’était la scène rock de Seattle au début des ‘90s et voir l’un de ses groupes phares décollés.

Ce que je regrette par contre, c’est que sur 20 ans, la seconde décennie ne soit pas vraiment développée. Certes, il y avait moins à dire, mais j’ai l’impression qu’il y avait une opportunité difficile à rater pour parler du déclin de popularité de la musique rock dans les années 2000. De plus, la durée de film est d’environ 2hrs, ce qui offrait de l’espace. D’ailleurs, à la fin, j’ai eu l’impression qu’il était question de couvrir rapidement les angles importants qu’il ne fallait pas oublier. Ça aurait pu être mieux intégré à l’ensemble, histoire de ne pas créer une légère confusion temporelle.

J’ai donc beaucoup aimé Pearl Jam Twenty, mais j’ai aussi eu l’impression que malgré la durée, il y a des choses qui sont passées à la trappe. Il y a également des passages qui auraient mérité d’être légèrement plus explicatifs et linéaires. Quoi qu’il en soit, ça s’impose comme un documentaire des plus pertinents sur un bout d’histoire du rock.

Réalisateur : Cameron Crowe.
Avec : Jeff Ament, Matt Cameron, Stone Gossard, Mike McCready, Eddie Vedder, Chris Cornell, Neil Young, Kurt Cobain, Dave Abbruzzese.

Page One: Inside the New York Times (2011)

dimanche 16 octobre 2011 à 22:12

Page One: Inside the New York Times est un documentaire qui avais éveillé ma curiosité, car le monde du journalisme possède une aura qui me captive à un certain degré, et ce, depuis bien longtemps maintenant.

Le film nous invite dès lors à suivre la vie de la rédaction d’un des journaux les plus connus au monde. L’idée est de dresser un portrait d’un métier en pleine mutation qui tente de survivre alors que son modèle économique s’écroule.

Les sujets traités sont donc en rapport avec cela. On débat surtout de la place du journalisme traditionnel à l’ère de Twitter et des blogs. Page One s’intéresse principalement à la division Média du NYT et offre une bonne tribune à David Carr, un journaliste reconnu et passionné qui a comme travail de parler, entre autres, de l’évolution de son propre métier et qui fascine clairement le réalisateur.

Vu que cela se passe sur un an, des éléments clés sont abordés comme Wikileaks, la sortie de l’iPad, quelques scandales, les différents dépôts de bilan qui ont toujours le milieu à ce moment-là, ainsi que les licenciements à l’intérieur même du NYT.

Dans un sens, je regrette qu’en passant une année avec la rédaction du journal, le réalisateur n’offre pas plus de continuité à l’ensemble. C’est donc assez segmenté, ce qui permet de traiter le sujet principal sous des angles bien délimités, mais j’ai quand même le sentiment que ça aurait pu être légèrement plus ambitieux.

Cela n’enlève rien au fait qu’il y a des choses intéressantes à retenir et que l’on n’a pas fini de parler de la place du véritable journalisme aujourd’hui. Les intéressés sont inquiets dans une certaine mesure, mais sont passionnés par leur travail qu’ils pratiquent là où ils ont toujours rêvé de le faire. Le NYT n’est pas encore mort et on peut espérer que ça restera ainsi longtemps.

Réalisateur : Andrew Rossi.
Avec : David Carr, Bruce Headlam, Richard Perez-Pena, Tim Arango, Bill Keller, Brian Stelter.

POM Wonderful Presents: The Greatest Movie Ever Sold (2011)

samedi 13 août 2011 à 22:54

Morgan Spurlock a décidé de faire un film sur le placement de produits publicitaires dans les films (aka Product Placement). Pour y parvenir, il va chercher des sponsors pour payer le film et il filme tout le processus. Pour faire simplement, c’est un film sur la publicité payé par la publicité qui est achetée durant le film. Le concept est réellement ingénieux et avec le style de Spurlock, c’est également très divertissant.

La publicité est partout, il faut se faire une raison. Morgan Spurlock veut donc nous montrer la réalité de cette économie à laquelle nous ne pouvons pas échapper, même si on ne s’en rend pas vraiment compte.

Comme toujours avec Spurlock c’est accrocheur dès le départ et c’est également très ludique. Il a l’habitude de mélanger le flot d’informations avec des démonstrations et des illustrations. Vu que l’on parle de publicité et de placements de produits, la combinaison offre énormément de possibilités et elles seront toutes exploitées.

Ce que j’ai aimé le plus c’est le fait que l’on voit Morgan Spurlock vendre l’idée juste avant qu’elle prenne vie dans le film. Par exemple, avec POM, il va faire son pitch de vente et on sait tout ce qui est dans le contrat. C’est donc assez marrant de voir des bouteilles POM partout après ce passage. Idem avec les Austin Mini. En plus, il y a de véritables spots publicitaires à plusieurs endroits.

Plus les sponsors entrent en jeu et plus ça se complique, et Spurlock nous explique le casse-tête que ça devient. Il se bat pour déterminer à quel point dans le processus il peut devenir un vendu et il se demande si c’est possible de garder une intégrité dans ce contexte.

Bien entendu, le réalisateur sait ce qu’il fait et propose des interviews qui sont là pour mettre en avant les nuances qui peuplent ce monde compliqué ou pour jouer avec beaucoup d’ironie sur les publicités intégrées au film et qui le financent.

Au final, POM Wonderful Presents: The Greatest Movie Ever Sold parvient à être à la fois très intéressant et véritablement divertissant, et il offre de quoi réfléchir aussi bien sur la façon dont on doit percevoir la publicité que sur son rôle, sa nécessité et ses nuisances. L’angle moral est par contre le plus poussif, car on sent bien qu’il est surtout là pour permettre à Morgan Spurlock de jouer au petit malin et d’entretenir son image (justement). Et enfin, avant que j’oublie, je voudrais pointer du doigt le gros point faible de ce film : le travail de caméra. Ça bouge souvent inutilement et trop rapidement, ce qui distrait sans raison et c’est bien dommage.

Un documentaire de Morgan Spurlock.
Avec : J.J. Abrams, Peter Bemis, Peter Berg, Big Boi, Noam Chomsky, Bob Garfield, Britt Johnson, Matt Johnson, Kim Schifino, Beth Jones, Gilberto Kassab, Jimmy Kimmel, Richard Kirshenbaum, Michael Levine, Martin Lindstrom, Susan Linn, Mark Crispin Miller, Ralph Nader, Brett Ratner, Lynda Resnick, Tony Seiniger, Ben Silverman, Stan Sheetz, Brian Steinberg, Quentin Tarantino, Matt Tupper, Robert Weissman, David Art Whales, Lindsay Zaltman.

The Wild And Wonderful Whites of West Virginia (2009)

jeudi 12 mai 2011 à 19:26

The Wild And Wonderful Whites of West Virginia est un documentaire qui nous entraine dans la vie de la famille White de Virginie-Occidentale.

Les White ne sont pas comme tout le monde, vous vous en doutez. Il forme un large clan de personnes plutôt instables, souvent peu recommandables, et qui ont une notoriété assez importante dans leur région.

De l’extérieur, il y a de quoi être fasciné parce qu’ils vivent en embrassant complètement le concept de liberté. Ils font ce qu’ils veulent tout simplement. Seulement voilà, le monde autour d’eux a évolué et ils doivent suivre la loi. Certains tentent de s’en sortir, parce qu’ils n’ont plus d’autre choix, d’autres sont en prison pour longtemps ou vont bientôt s’y retrouver, et le reste remplit les cimetières du coin.

Les White définissent ce que c’est qu’être « white trash ». C’est simple, mais c’est une bonne façon de décrire ce que l’on voit. Passer un an avec eux a dû être quelque chose de bien particulier pour le réalisateur, mais moi je ne me suis pas trop intéressé. Certes, plonger dans la réalité des White offre un point de vue presque inédit sur une culture un peu à part, mais au final, j’ai surtout observé une famille de paumés dont une partie abuse de la drogue et/ou de la violence, tandis que les autres (minoritaires) sont là pour les soutenir quand la dure réalité de la société moderne vient les frapper de plein fouet.

Les White sont définitivement à part et en voie de disparition. Cela dit, le documentaire peut intriguer au départ, le sujet ne se montre pas réellement digne d’intérêt au final.

Réalisateur : Julien Nitzberg.
Distribution : la famille White de Virginie-Occidentale.