Christopher Nolan’s The Dark Knight (2008)

lundi 02 juillet 2012 à 12:07

Second volet de la trilogie de Christopher Nolan consacré à Batman, The Dark Knight poursuit tout ce qui a été entamé dans Batman Begins avec juste une vision plus large à tous les niveaux. Que ce soit sur le plan visuel, technique ou dans l’exploitation de ses thématiques, cette suite monte en puissance sans retenue.

L’histoire débute avec l’introduction du Joker, un homme instable qui s’en prend à la mafia, tout en jouant à ses côtés. Le Batman travaille en proche collaboration avec le lieutenant Gordon pour mettre à mal le crime organisé qui s’est restructuré depuis la chute de Falcone. Un nouveau procureur, Harvey Dent, prend les choses en main et compte mener le combat jusqu’au bout. Le dos au mur, les criminels donnent au Joker l’autorisation de faire ce qu’il faut pour mettre un terme aux agissements du justicier masqué. Le chaos s’installe.

La grande idée du film est d’utiliser le Joker pour pousser Batman à questionner ses propres limites. Le film s’articule ainsi autour de la différence entre le héros et le vilain. Disons plutôt qu’il mène une réflexion sur ce que le héros doit faire et sur la façon dont il est perçu. Tout est plus ou moins articulé autour d’une question de symbolique et, peu importe la réelle portée des actes, ce qui compte au final c’est ce que les gens perçoivent d’héroïque qui est important, plus que le héros en lui-même.

Quoi qu’il en soit, même si cela devient par moment trop complaisant et un poil idéaliste, surtout à la fin, il y a une volonté claire d’éviter de virer dans le manichéisme, mais elle est trop visible et en devient poussive. Le souci premier est le fait que les personnages finissent par être réduits à des concepts et que le film s’efforce un peu trop à tenter de définir cesdits concepts, ce qui réduit l’impact émotionnel du dernier acte.

Tout ceci se faisant progressivement, The Dark Knight se montre relativement cohérent d’un bout à l’autre. De plus, il ne se repose pas que sur son scénario pour atteindre son but, car la réalisation est un élément clé. Là où Batman Begins semblait parfois manquer d’air pour respirer, The Dark Knight en a largement assez gagne ainsi une dimension supérieure. Nolan voit plus grand à tous les niveaux et maitrise tout l’espace qu’on lui donne pour apporter un souffle qui en devient par moment épique. Cela dit, c’est surtout en fluidité que l’action gagne et cela donne des images impressionnantes dont la force est amplifiée par une bande-son qui prend aux tripes.

L’effet est d’autant plus efficace qu’Heath Ledger s’impose comme jamais auparavant à l’écran, donnant corps à un Joker aussi théâtral que violent qui incarne l’antagoniste parfait pour un Batman de plus en plus rongé par l’ombre qui est en lui. Bale maitrise les subtilités de son rôle à la perfection et le duo s’élève au-dessus de Gotham dans une violence sans fin qui les anime au plus profond d’eux-mêmes.

The Dark Knight avait fait une forte impression sur moi la première fois que je l’ai vu et, après plusieurs revisionnages, je trouve qu’il conserve ses forces, même si – suivant mon humeur – ses défauts scénaristiques tendent à alourdir certains passages. Je pensais sérieusement qu’après un tel accomplissement, ce film s’imposerait comme une influence majeure sur le genre, mais on sent plus l’héritage Iron Man que celui-ci. Étrange, mais cela s’explique peut-être par le fait que le personnage de Batman combine dans son essence même le conflit qui permet d’offrir une approche intelligente sur des thématiques modernes (voir intemporelles) tout en offrant du grand spectacle. Bref, The Dark Knight définit pour moi l’apogée du cinéma de divertissement de ces dernières années, le blockbuster qui mêle une vision artistique avec une pointe de réflexion au service du spectateur.

Réalisateur : Christopher Nolan ; Scénaristes : Jonathan Nolan, Christopher Nolan.
Casting : Christian Bale, Michael Caine, , Heath Ledger, Gary Oldman, Aaron Eckhart, Maggie Gyllenhaal, Morgan Freeman, Monique Gabriela Curnen, Ron Dean, Cillian Murphy, Chin Han, Nestor Carbonell, Eric Roberts, Ritchie Coster, Anthony Michael Hall.