Christopher Nolan’s The Dark Knight Rises (2012)

jeudi 26 juillet 2012 à 15:47

Nous voilà arrivés au dernier volet de la trilogie Batman signée par Christopher Nolan. The Dark Knight Rises est le plus gros film de la franchise, mais comme c’est malheureusement trop souvent le cas dans ce genre de situation, il se repose bien trop lourdement sur ce qui a été accompli et installé dans les précédents opus pour pouvoir les dépasser. Cela ne l’empêche pas de terminer en apothéose.

L’histoire reprend 8 ans après la mort d’Harvey Dent et, comme la conclusion de The Dark Knight nous l’explicitait, il était temps pour Batman de ne plus être le héros et de devenir le vilain pour pouvoir laisser les habitants de Gotham reprendre leur vie en mains. Le justicier a donc disparu de la circulation, tout comme Bruce Wayne qui se morfond dans son manoir suite à la mort de Rachel. En attendant, Gordon a fait le ménage et la ville n’a jamais été aussi sûre. Le souci est que c’est un château de cartes et qu’un nouveau méchant du nom de Bane va le faire s’écrouler.

Bane est là pour reprendre le travail laissé en suspens par la mort de Ra’s al Ghul. L’idée de base est donc inchangée depuis Batman Begins, Gotham doit être détruite pour être nettoyée. Si le Joker prônait l’anarchie comme instrument de la libération (il était fêlé, ne l’oublions pas), The League of Shadows est bien plus pessimiste et pense qu’il est préférable de tuer tout le monde au lieu d’encourager les habitants de Gotham à tranquillement creuser leur propre tombe (ou non, anarchie, quand tu nous tiens). Les deux ont le mérite d’être terriblement portés sur la théâtralisation, ça donne du bon spectacle.

Nolan ne recycle cependant pas totalement ses thématiques, car l’ennemi n’est ici qu’un moyen de pousser le Batman jusqu’au bout de son chemin. Cela commence par une minutieuse destruction de Bruce Wayne qui renaitra pour accepter qu’il n’est désormais plus que Batman. Sous cette forme, il peut reconquérir ce qu’il avait perdu pour pouvoir tourner la page et devenir l’homme qu’Alfred a toujours voulu qu’il devienne. Concrètement, The Dark Knight Rises est la conclusion du voyage initiatique le plus couteux de l’histoire – les prochaines réunions du conseil municipal de Gotham pour l’établissement du budget de reconstruction seront simplement interminables.

Au milieu de tout ça, le film nous offre également d’autres histoires. Celle de Gordon qui prit la suite du Dark Knight durant 8 ans, ce qui lui couta presque tout ce qu’il avait – à son tour. Ses sacrifices finissaient par le ronger de l’intérieur, mais il trouvera ici le terrain parfait pour retrouver son honneur et son intégrité. Ensuite, il y a celle de John Blake, un flic idéaliste qui montera les échelons pour comprendre à son tour quel est le prix que ses idoles ont payé et qu’il doit lui aussi s’apprêter à accepter.

Enfin, il y a Selina Kyle – pas Catwoman, puisqu’elle n’est pas Catwoman. Elle est avant tout là pour expliciter la lente chute de Gotham et sa renaissance. Elle tente de fuir, mais cela lui est refusé et elle doit alors s’adapter pour finalement prendre ses responsabilités. Classique Nolan, le personnage ne dépassera pas vraiment l’état de concept, mais Anne Hathaway est impeccable et parvient s’imposer dans cet univers surpeuplé par des figures fortes.

Voilà donc globalement pour le fond. Pour la forme, The Dark Knight avait posé un standard et Rises passe à la vitesse supérieure pour se mettre à l’échelle de cette conclusion épique. Cela dit, jamais l’aspect technique ne prend les dessus sur l’histoire qui est racontée. Au contraire, Nolan est au service de son héros et lui offre juste l’espace nécessaire pour qu’il puisse pleinement s’exprimer et ne jamais être freiné. C’est tout de même très beau à regarder, on ne peut pas le nier.

The Dark Knight Rises est la conclusion que méritait cette trilogie. Peut-être que le film aurait pu être moins bavard à l’occasion, car il n’était pas forcément utile de plonger à ce point dans les origines et motivations de chaque personnage, mais, tout étant plus ou moins écrit comme une métaphore à projeter sur le héros, rien n’est vraiment à jeter. En tout cas, Christopher Nolan a tellement creusé sa réflexion sur ce qui définit un héros et sur ce qu’un individu doit être prêt à faire pour en devenir un, il est probable qu’il changera drastiquement de thématiques à l’avenir. Au moins, il nous laisse avec de quoi réfléchir, de nos jours le sujet mérite de ne pas être traité à la légère, et il ne l’a pas été.

En tout cas, moi, je remercie mon cinéma local pour avoir enfin offert de la V.O.

Réalisateur : Christopher Nolan ; Scénaristes : Jonathan Nolan, Christopher Nolan.
Casting : Christian Bale, Gary Oldman, Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt, Anne Hathaway, Marion Cotillard, Morgan Freeman, Michael Caine, Matthew Modine, Alon Aboutboul, Ben Mendelsohn, Burn Gorman, Daniel Sunjata, Aidan Gillen, Nestor Carbonell, Brett Cullen, Reggie Lee, Juno Temple, Thomas Lennon, Will Estes, Josh Stewart.