Classic 101 : Casablanca (1942)

samedi 16 février 2013 à 11:01

Classic 101 : Casablanca (1942)

Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art.

Le film : Casablanca (1942)

L’histoire : Décembre 1941, expatrié à Casablanca, dernière halte pour les réfugiés voulant rejoindre Lisbonne, l’américain Rick Blaine est défini par sa volonté à ne prendre partie entre les autorités françaises, les nazis et les clients fuyant la guerre. Quand son passé incarné par la belle Ilsa le rattrape, il se retrouve pris au cœur du conflit qu’il tentait tant d’éviter.

Classic 101 : Casablanca (1942)

Verdict : Avec la St Valentin cette semaine, je me suis dit qu’il était grand temps de me tourner vers un de ses classiques que j’ai esquivés pendant tant d’années à cause d’une idée préconçue sur ce qu’il était vraiment. Certes, Casablanca est bien un mélodrame romantique, mais c’est également bien plus que ça.

Filmé majoritairement en studio, Casablanca ne peut pas renier qu’il soit le produit d’un âge d’or hollywoodien qui fait aujourd’hui partie de l’histoire. Un film d’une autre époque qui ne le vit pas spécialement mal, au contraire, car ses décors, sa musique et ses costumes, sans oublier l’écriture des dialogues, semblent simplement se marier à merveille pour créer une ambiance qui est entièrement mise au service de l’histoire et de ses personnages. À l’exception de quelques rares plans notables, la réalisation est cependant assez conventionnelle, mais elle met parfaitement en valeur le charisme d’Humphrey Bogart et la beauté d’Ingrid Bergman.

La combinaison est impeccable. Néanmoins, si l’intérêt de la romance est vraiment bien servi, c’est surtout le dilemme moral de Rick et le contexte géopolitique du film qui lui donne la dimension nécessaire pour captiver encore à ce point aujourd’hui.

Le scénario fait ainsi preuve d’une grande subtilité quand il s’agit de mettre en avant ce que chaque personnage a à perdre ou à gagner dans l’histoire. Le matériel était en tout cas suffisamment bien dosé pour permettre aux acteurs de ne pas tomber dans le pathos, ce qui n’aurait clairement pas bien sied à Bogart qui se doit de maintenir la façade de Rick tout en ne révélant la sensibilité qui se cache derrière qu’au travers des fissures créées par Ilsa. Dans le rôle de celle-ci, Bergman est un peu trop souvent réduite à l’état de symbole, mais elle aura tout de même des scènes qui lui donneront l’opportunité de s’imposer au-delà de son statut d’objet tant désiré – ses dialogues ne sont cependant pas toujours d’une grande aide, « is that cannonfire… or the beating of my heart? ».

Casablanca est définitivement une œuvre devenue intemporelle et elle se laisse découvrir aujourd’hui, 70 ans après sa sortie, avec plaisir. Ce n’est pas un film parfait, mais il offre un équilibre étrangement irréprochable entre tous les éléments qui le composent, parvenant ainsi à encore résonner avec justesse.

Classic 101 : Casablanca (1942)

Réalisateur : Michael Curtiz ; Scénaristes : Julius J. Epstein, Philip G. Epstein, Howard Koch.
Casting : Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Conrad Veidt, Sydney Greenstreet, Peter Lorre.