Classic 101 : Citizen Kane (1941)

vendredi 14 décembre 2012 à 13:24

Le filmCitizen Kane (1941)

L’histoire :  Charles Foster Kane, un géant de la presse, vivait depuis des années seul dans son immense propriété en Floride. Il meurt dans son lit en tenant une boule de neige et prononçant Rosebud comme tout dernier mot. Le journaliste Jerry Thompson cherche alors à découvrir la signification de Rosebud et part à la recnontre des amis, associés et femmes de Foster Kane pour percer le mystère.

Après avoir occupé pendant 50 ans la tête du classement des meilleurs films de tous les temps établi par le magazine Sight and SoundCitizen Kane a été cette année délogé par Vertigo – pour finir sur la seconde marche. Même s’il n’est plus le premier, nous n’en sommes pas encore au moment où le chef-d’œuvre d’Orson Welles ne sera plus présenté comme LE classique par excellence, l’œuvre étudiée sous tous ses aspects, ce long-métrage visionnaire pour le cinéma. Au-delà des films vus dès l’enfance dont je ne pouvais mesurer l’impact à l’époque, Citizen Kane fut l’un des premiers classiques que j’ai regardés quand j’ai commencé à m’intéresser au cinéma avec un œil plus passionné.

Pour son premier film, Orson Welles raconte donc l’histoire du magnat de la presse, Charles Foster Kane avec un journaliste qui cherche à découvrir la signification de son dernier mot prononcé avant sa mort : « Rosebud ».

Welles délivre alors un long-métrage à la prouesse technique incroyable, soutenu par sa construction narrative complexe qui entraine des va-et-vient dans le temps pour nous révéler quel type d’homme se cache derrière la légende qu’est Charles Foster Kane. De son enfance dans la neige, à ses deux mariages ratés, en passant par ses débuts dans la presse et la perte de ses idéaux, Welles domine d’un bout à l’autre le film (devant et derrière la caméra) et il use de tous les accessoires à sa disposition pour offrir un récit aussi peu fiable (avec multiples narrateurs) qu’il en est captivant.

Citizen Kane place ainsi le spectateur dans la peau de ce journaliste qui cherche à percer le mystère d’un homme – et au fond, celui qui occupe toute vie. Seulement, à part celui qui l’aura vécu, personne ne peut réellement dire qui est Charles Foster Kane. Chaque témoignage nous révèle une facette différente de cet homme, incarnation du rêve américain, mais aussi de sa déchéance ; chaque personnage se dévoile aussi à travers son rapport avec l’homme qui ne laisse aucune place pour l’unidimensionnel.

Comme d’autres géants raconteurs d’histoires, Orson Welles a aussi prédit son futur, et peut-être qu’aujourd’hui, cela rend Citizen Kane encore plus fascinant. J’ai déjà plusieurs visionnages de l’œuvre derrière moi, et je ne m’en lasse jamais. Car si Welles a révolutionné le cinéma, c’est autant pour la prouesse technique que pour la puissance de son histoire et le symbole « Rosebud ». C’est une combinaison de tout cela qui fait de Citizen Kane un chef-d’œuvre indémodable.

Réalisateur : Orson Welles ; scénaristes : Orson Welles et Herman J. Mankiewicz
Casting : Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore, Everett Sloane, Ray Collins, George Coulouris, Agnes Moorehead, Paul Stewart, Ruth Warrick, Erskine Sanford, William Alland.