Classic 101 de l’horreur : The Exorcist (L’Exorciste – 1973)

vendredi 19 octobre 2012 à 9:47

Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art et particulièrement ceux d’Alfred Hitchcock.

Le film : The Exorcist (L’Exorciste – 1973)

L’histoire : Chris MacNeil est une actrice célèbre qui mène une vie heureuse avec sa fille Regan, jusqu’au moment où cette dernière se met à avoir de violents spasmes et d’étranges symptômes. Alors que sa situation empire, Chris tente de découvrir le mal qui touche sa fille.

Verdict : Il n’est pas rare que les vieux films d’horreur m’ennuient plus qu’ils ne m’effraient – pour autant qu’on puisse utiliser ce mot. Cela est en partie dû au fait qu’à l’époque, les cinéastes prenaient bien leur temps pour faire monter la sauce, ce qui aujourd’hui n’est pas forcément des plus probants. The Exorcist s’annonçait comme un de ces films dans le sens où il lui faut quasiment une heure pour qu’on entre vraiment dans le vif du sujet. L’exposition est particulièrement longue, le but étant de clairement poser le contexte, ainsi que l’état psychologique du père Damien Karras.

William Peter Blatty adapte donc son propre livre ici, et à l’évidence, il a opté pour une mise en place des plus soignée avant une véritable montée en puissance dans la seconde partie. Cela permet de s’immerger dans l’histoire de façon subtile et de s’attacher aux personnages dans cette difficile épreuve. Le film possède une approche réaliste à tous les niveaux, que ce soit dans le déroulement de son récit ou dans la réalisation de William Friedkin qui n’abuse d’aucun effet de style pour retranscrire la possession de Regan ou les émotions de ses protagonistes. J’ai tout particulièrement apprécié le traitement de la religion, soutenu par les doutes personnels du père Karras, ainsi que la recherche désespérée d’une explication logique qui restera présente quasiment d’un bout à l’autre.

Bien entendu, Linda Blair délivre une solide performance dans la peau de Regan, mais j’ai surtout été impressionnée par Ellen Burstyn et Jason Miller qui sont vraiment excellents d’un bout à l’autre, ancrant encore plus le film dans le ton qui se veut authentique. Pour le coup, j’avoue trouver que le Lt. Kinderman n’est pas toujours en accord avec l’ambiance ; il devait y avoir la volonté d’y intégrer des scènes moins pesantes, avec un personnage qui était moins accablé.

Il va de soi, le film mise aussi sur l’image à l’aide d’une apparence qui se modifie pour la jeune Regan possédée, et de vomi vert. La possession pourrait paraitre un peu ridicule, mais pris dans l’intrigue, cela fonctionne encore très bien grâce au lien qui existe avec les personnages qui font face au démon.

Donc, malgré un lent début, The Exorcist finit vraiment par révéler tout son potentiel, à captiver et à déranger. C’est donc une œuvre des plus maitrisée qui ne laisse pas indifférent et qui, grâce à sa vision artistique, traverse impeccablement le temps.