Classic 101 : High Noon (Le train sifflera trois fois – 1952)

samedi 18 mai 2013 à 11:56

Classic 101 : High Noon (Le train sifflera trois fois - 1952)

Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art.

Le film : High Noon (1952)

L’histoire : Au moment où il s’apprête à quitter sa ville et son travail, un Marshall décide de rester et d’affronter un truand qu’il a déjà mis derrière les barreaux et qui revient pour se venger. Il tente de convaincre les habitants de la ville de lui prêter main-forte, mais il doit faire face à de fortes réticences.

Classic 101 : High Noon (Le train sifflera trois fois - 1952)

Verdict : En tant que western, High Noon n’est pas traditionnel. Il ne s’appuie aucunement sur les codes du genre, que ce soit narrativement ou visuellement. Il ne se frotte pas spécialement non plus aux grandes thématiques qui sont souvent associées au genre.

À la place, il verse dans le mélodrame et dresse un portrait peu glorieux d’une Amérique préférant l’inaction à la prise de risques. Gary Cooper joue ici un Marshall qui vient tout juste de rendre son étoile, mais il refuse de quitter la ville juste après avoir épousé Grace Kelly, car il se sent en partie responsable de ce que le criminel Frank Miller pourrait faire à son retour, dans 1h30 – le film se déroule approximativement en temps réel.

On voit donc Cooper tenter de recruter des députés pour affronter un gang de meurtriers, mais il se heurte à un mur. De la peur à l’opposition de conviction en passant par l’absence de sens du devoir, les habitants de cette petite ville préfèrent honteusement attendre que la tempête soit derrière eux pour décider aux côtés de qui ils doivent se ranger.

Il est bien connu que ce film a été interprété comme étant une dénonciation du collaborationnisme qui toucha l’industrie Hollywoodienne à l’époque du MacCarthisme où tous ceux qui, de près ou de loin, étaient associés au communisme se retrouvaient sur une liste noire qui les empêchait de travailler. Une telle allégorie est aujourd’hui plus délicate à identifier, mais il n’est pas pour autant compliqué de penser à d’autres associations d’idées pour arriver à trouver un contexte donnant au propos de High Noon une pertinence non négligeable.

C’est en partie pour cela que, malgré sa lente progression, il est difficile de ne pas s’investir à un certain degré dans l’histoire et d’enrager pour ce que les habitants de cette ville refusent de faire. Dans ce sens, le film fonctionne toujours aussi bien, fortement aidé par la prestation de Gary Cooper.

High Noon a la réputation d’être le western pour ceux qui n’aiment pas les westerns. Je ne suis pas persuadé que cela soit complètement le cas, même si, en tant qu’amateur du genre, j’ai apprécié l’approche différente, mais ai ressenti quelques manques, tout particulièrement du point de vue visuel, qui font que je n’ai pas été pleinement convaincu.

Au final, High Noon reste indéniablement un film atypique dont le propos conserve sa pertinence. Néanmoins, c’est par moment légèrement insuffisant pour rendre son visionnage totalement satisfaisant, principalement à cause de la conclusion trop prévisible qui ne parvient pas à capitaliser sur la lente montée de la tension. Les attentes montent trop haut pour ce que l’on nous délivre en fin de compte.

Classic 101 : High Noon (Le train sifflera trois fois - 1952)

Réalisateur : Fred Zinnemann ; Scénaristes : Carl Foreman.
Casting : Gary Cooper, Grace Kelly, Katy Jurado, Lloyd Bridges, Thomas Mitchell, Ian MacDonald, Lee Van Cleef, Robert Wilke, Sheb Wooley.

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