Classic 101 : His Girl Friday (La Dame du vendredi – 1940)

vendredi 02 novembre 2012 à 13:37

Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art.

Le film : His Girl Friday (1940)

Les raisons du visionnage : En plus d’être un film inscrit dans la culture populaire, il se trouve qu’’il a eu une influence sur l’œuvre de Sorkin qui a même déclaré qu’il cherchait à faire His Girl Friday dans les coulisses d’une émission d’informations avec The Newsroom. Je me suis dit qu’il était alors temps de regarder cette œuvre qui se trouve dans quasiment toutes les listes des meilleurs films dans le milieu journaliste.

L’histoire : Quand Walter Burns, éditeur d’un journal, reçoit la visite de son ex-femme, il apprend que celle-ci ne compte pas reprendre sa carrière de journaliste et qu’elle va se remarier. Walter est alors décidé à saboter ses plans en la poussant à couvrir une dernière histoire.

Verdict : La pièce de théâtre The Front Page a donné le jour à 4 adaptations cinématographiques, His Girl Friday étant la plus connue aujourd’hui, en partie car elle a eu l’ingénieuse idée de mettre une femme dans l’un des premiers rôles. C’est ainsi que l’on se retrouve avec une screwball comedy au débit de paroles des plus impressionnants, des personnages hauts en couleurs et une intrigue qui n’a de cesse de devenir exubérante à force que l’on progresse.

Nous avons donc un éditeur qui est prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut, que se soit voler, mentir ou manipuler, rien ne semble l’arrêter et il n’a pas une once de culpabilité. Sans aucun doute, Cary Grant réussit haut la main à rendre Burns aussi manipulateur qu’il est charmeur, qui possède ce petit truc qui fait que, même en connaissant la nature du personnage, il reste attractif.

Face à lui, Rosalind Russell incarne une ex-femme qui a été blessée dans son amour propre et qui cherche alors à se construire une vie à l’opposé de ce qu’elle avait. Et si elle est certainement plus intentionnée que Grant (ce n’est pas difficile dans le cas présent), le film n’en fait pas non plus une femme qui se fait mener par le bout du nez d’un bout à l’autre. Elle connait les méthodes de son ex, mais elle est aussi une femme qui vit à travers son écriture, animée par la passion du métier, plus vivace qu’elle ne veut bien le dire.

L. to R. : Frank Jenks, Roscoe Karns, Rosalind Russell, Porter Hall, Gene Lockhart, Regis Toomey & Cliff Edwards in His Girl Friday (1940)

Le journalisme est d’ailleurs dépeint ici avec cette même vivacité d’esprit qui habite le film, les membres de la presse étant capable de tout pour obtenir le scoop . Au milieu des hommes, Russell ne dépareille pas, étant elle aussi prête à passer à l’action quand il le faut.

Cela donne lieu à des échanges plus que mouvementés, les personnages se coupant la parole, parlant en même temps, se disputant, débattant avec une énergie des plus enthousiasmantes.

Il y a un sens de la répartie indéniable dans His Girl Friday qui lui offre un ton moderne et énergique. Rien d’étonnant alors à ce qu’il se soit fait une place parmi les classiques du genre, il possède encore toute sa fraicheur et son entrain.

Réalisateur : Howard Hawks ; scénariste : Charles Lederer.
Casting : Cary Grant, Rosalind Russell, Ralph Bellamy, Gene Lockhart, Ernest Truex, Roscoe Karns, Frank Jenks, Regis Toomey, John Qualen, Billy Gilbert.