Classic 101 : Raging Bull (1980)

jeudi 18 avril 2013 à 9:41

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Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art.

Le film : Raging Bull (1980)

L’histoire : Retour sur la vie de Jake LaMotta, boxeur italo-américain consumé par la rage et la jalousie, entrainant la destruction de ses relations avec sa femme et ses proches.

Raging Bull (1980)

Le verdict : Considéré comme l’un des meilleurs films jamais faits, Raging Bull retrace la vie du boxeur JakeLaMotta, nous relatant autant sa montée au sommet que sa chute professionnelle et personnelle, entre 1941 et 1964.

Aussi souvent présenté comme le film sportif par excellence, Raging Bull ne contient que 10 minutes de boxe – pour une œuvre qui dure un peu plus de deux heures. Malgré ce peu de temps imparti, la réalisation de Martin Scorsese sur le ring offre une immersion qui est encore aujourd’hui très intense, comme si la caméra était le troisième bras du combattant. Si au départ, la violence n’était par ailleurs pas aussi importante que je m’y attendais, Raging Bull la réservera plus pour sa deuxième partie et le long-métrage frappe donc très fort quand il doit le faire.

En vérité, Raging Bull m’apparait avant tout être une étude sociale plus qu’une œuvre sportive. Jake LaMotta se trouvait être boxeur et le ring est la parfaite allégorie de l’existence – mais le sport l’est de façon générale. Cependant, qu’il fût boxeur n’est pas anodin, LaMotta étant un homme qui est consumé par la violence. Celle-ci n’a pas forcément besoin de s’exprimer physiquement, sa nature jalouse et suspicieuse étant bien suffisante pour poser un froid. Le fait de savoir ce dont il est capable en rajoute une couche et le passage à l’acte étant alors encore plus oppressant.

Raging Bull est donc avant tout une œuvre qui parle d’auto-destruction, celle d’un homme qui aura tout fait dans sa vie pour se construire lui-même et qui sera en fait le seul à être responsable de sa chute. Pour le rôle Robert De Niro se sera transformé physiquement, et il se révèle impressionnant d’un bout à l’autre. Il incarne en tout cas un homme qui est par nature antipathique et rien n’est fait à aucun moment pour adoucir son caractère ou pour le faire paraitre plus sympathique.

C’est ce qui rend Raging Bull aussi fascinant que difficile à aborder. Le film est là pour exposer à plat les pires traits d’un homme (LaMotta ayant lui-même réalisé au visionnage à quel point il était détestable) sans y faire de concession. L’homme est son pire ennemi et, malgré des proches attentionnés, LaMotta ne peut être sauvé de lui-même, répétant inlassablement les mêmes erreurs.

Sur le coup, j’avoue alors que Raging Bull m’a quelque peu déstabilisée. L’approche artistique de Scorsese reste toujours aussi forte, du choix du noir et blanc à sa mise en scène sportive encore impeccable, au service d’une histoire humaine psychologiquement aussi complexe qu’éprouvante. Il reste douloureux de regarder quelqu’un détruire inexorablement ce qui l’entoure – aussi peu sympathique puisse-t-il être – et c’est sans doute ce qui fait que Raging Bull est si marquant.

Raging Bull (1980)

Réalisateur : Martin Scorsese ; scénaristes : Paul Schrader et Mardik Martin avec Martin Scorsese et robert De Niro (non crédités).
Casting : Robert De Niro, Cathy Moriarty, Joe Pesci, Nicholas Colasanto, Theresa Saldana, Frank Vincent, Mario Gallo, Frank Adonis.