Classic 101 de l’horreur : Rosemary’s Baby (1968)

jeudi 25 octobre 2012 à 12:46

Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art.

Le film : Rosemary’s Baby (1968)

L’histoire : Rosemary et Guy Woodhouse, un jeune couple, s’installent dans un nouvel appartement pour fonder une famille. Leurs nouveaux voisins, les Castevet, se montrent rapidement envahissants. Quand Guy progresse enfin dans sa carrière d’acteur et qu’il est prêt à avoir un bébé, les Castevet sont d’un soutien sans faille, mais c’est peut-être parce qu’ils ont des projets pour cet enfant à naitre.

Les raisons du visionnage : Avec Halloween qui s’approche à grands pas, l’occasion est idéale pour s’intéresser aux classiques de l’horreur. Ironiquement, même si Rosemary’s Baby est classé dans cette catégorie, j’ai trouvé qu’il entrait plus naturellement dans la case thriller fantastique, mais ce n’est pas moi qui colle les étiquettes.

Verdict : Si je n’avais jamais regardé Rosemary’s Baby auparavant, c’est parce que j’ai quelques difficultés avec Mia Farrow. Pour faire simple, je la trouve généralement mauvaise. Sans trop de surprises, elle ne m’a pas paru réellement transcendante ici, tout particulièrement au début où elle délivre ses lignes de façon parfois horrible. Cela dit, elle parvient tout de même à porter le film sur ses épaules, bien qu’aidée en grande partie par un casting vraiment solide.

Rosemary’s Baby nous parle donc d’une jeune femme qui va avoir un bébé, mais pas tout de suite, puisque Roman Polanski prend bien soin de ne pas bâcler son adaptation du roman d’Ira Levin et pose le décor avec minutie. L’idée étant clairement de montrer Rosemary s’épanouir dans son grand appartement plein de possibilités et qui représente le début d’une nouvelle vie prometteuse, avant qu’il ne se transforme petit à petit en une prison effrayante.

Le film est un savant mélange de paranoïa et de fantastique. Polanski prend bien soin de brouiller les repères de Rosemary et d’instrumentaliser Guy, son mari, de façon à ce qu’il rationalise les évènements. On doute ainsi de ce qui se passe, ne sachant pas réellement où poser les limites de cet univers. Entre hallucinations ou réalité, nous sommes laissés impuissants devant les drames successifs qui ponctuent la vie de Rosemary.

En fait sans les voisins plutôt étranges et parfois vraiment exaspérants, on aurait pu croire que cette pauvre jeune femme tombait simplement dans la démence. La réputation du film aide à rester focalisé sur la partie démoniaque, mais sans ça, il pourrait juste s’agir d’une macabre histoire de mauvaise grossesse chez une future mère instable – tragique, mais pas horrifique.

Cela dit, la conclusion efface complètement les doutes qui pouvaient nous rester après l’accouchement et confirme bien que la paranoïa n’était pas qu’un subterfuge pour manipuler le spectateur.

Malgré tout, le film semble quand même parler en premier lieu du danger de l’isolation des individus dans une grande ville. La perte successive des repères de Rosemary et de ses connexions avec ses anciens amis va dans ce sens. Elle se construit bien une nouvelle vie, mais en sacrifiant l’ancienne, elle a failli se perdre elle-même.

Globalement, Rosemary’s Baby n’est pas un film qui fera beaucoup frissonner de nos jours, car il a quelque peu vieilli techniquement sur certains points qui devaient amplifier l’aspect fantastique de l’œuvre. Cependant, l’ensemble reste très bien maitrisé et la construction minutieuse de l’histoire et de l’environnement dans lequel elle prend place délivre encore un excellent résultat aujourd’hui. Dommage donc que je n’apprécie toujours pas Mia Farrow, ça aurait rendu le visionnage bien plus engageant.