Classic 101 : The Apartment (La Garçonnière – 1960)

vendredi 15 mars 2013 à 10:19

Shirley MacLaine et Jack Lemmon dans The Apartment (La Garçonnière – 1960)

Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art.

Le film : The Apartment (1960)

L’histoire : Afin de monter les échelons plus rapidement, C.C. Baxter met son appartement à disposition de ses supérieurs pour qu’il puisse passer du temps avec leurs maitresses, qui sont aussi des employées de la même compagnie d’assurances que C.C. Ce dernier est amoureux de Fran, une liftière dans l’entreprise, qui est connue pour refuser les avances des hommes.

Jack Lemmon dans The Apartment (La Garçonnière – 1960)

Verdict : Après Some Like It Hot, Billy Wilder a enchainé avec The Apartment qui fut à son tour un succès critique et public. Connu entre autres pour être maitre dans la comédie douce amère, c’est parait-il avec celui-ci que Billy Wilder atteint  dans ce domaine l’apogée de son art.

Cela tient peut-être dû fait qu’a aucun moment, le film ne semble lâcher l’un ou l’autre. Dès les débuts, Wilder met en place une histoire qui est légère, mais révèle déjà son lourd propos avec le défilé d’hommes mariés qui passe dans l’appartement de C.C. Baxter – ce qui peut paraitre un brin ridicule de nos jours, il faut le reconnaitre.

Cela participe à maintenir à flot la comédie qu’est censé être The Apartment avant que Shirley MacLaine, dans la peau de Fran, ne prenne plus les devants ; le film plonge ensuite plus dans le drame – avec un évènement des plus tragiques ; si Wilder n’en délaisse pas pour autant les éléments plus légers de son œuvre, on obtient au final un film plus que mélancolique.

De ce fait, The Apartement repose sans conteste sur le jeu subtil de ses acteurs pour donner vie à des personnages complexes qui laissent rarement paraitre qui ils sont. Fran et C.C. se montrent le plus souvent emportés par des évènements plus qu’ils n’agissent dessus. Chacun tente du mieux qu’il peut d’obtenir ce qu’il veut, mais en payant au final un lourd prix qu’ils  n’avaient pas forcément imaginé. Entre les ambitions et la solitude de l’un, et le besoin affectif de l’autre au détriment d’un amour sain, C.C. et Fran sont des figures semi-tragiques d’une société carriériste où il est aisé de profiter des faiblesses de l’autre.

The Apartment porte donc un regard sensible et complexe sur la nature humaine et son besoin d’affection et de reconnaissance. J’avoue avoir été en partie prise par surprise dans le sens où je m’attendais plus à une comédie romantique – comme le film est souvent labellisé ainsi. L’ensemble se révèle en réalité plus sombre et mélodramatique que ce que le genre offre en général. Cependant, il y a de fortes chances que, sans cela, l’œuvre ne raisonnerait pas aujourd’hui avec la même force. C’est bel et bien son ton plus que doux-amer, mais teinté au final d’optimisme qui fait de The Apartment un film encore poignant porté par des personnages finement écrits et interprétés.

Shirley MacLaine dans The Apartment (La Garçonnière – 1960)

Réalisateur : Billy Wilder ; scénaristes : Billy Wilder et I.A.L. Diamond.
Casting : Jack Lemmon, Shirley MacLaine, Fred MacMurray, Ray Walston, Jack Kruschen, David Lewis, Hope Holiday, Joan Shawlee, Naomi Stevens, Johnny Seven.