Classic Hitchcock : Strangers on a Train (L’Inconnu du Nord-Express – 1951)

vendredi 12 octobre 2012 à 10:14

Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art et particulièrement ceux d’Alfred Hitchcock.

Le film : Strangers on a Train (1951)

L’histoire : Guy Haines, champion de tennis, rencontre lors d’un voyage en train Bruno Antony, un fan à l’imagination fertile qui lui soumet une idée saugrenue. Il propose à Haines de tuer sa femme s’il tue son père en échange. Quelques jours plus tard, Guy revient chez lui et se retrouve face à Bruno qui lui dit qu’il a rempli sa part du marché et que c’est à son tour à présent.

Verdict : Le concept de Strangers on a Train est probablement aujourd’hui plus connu que le film. Combien de fois le scénario des échanges de meurtres entre deux inconnus nous a été servi à toutes les sauces dans la moindre série policière qui dure suffisamment longtemps pour avoir l’occasion de le faire.

Ironiquement, Raymond Chandler et Czenzi Ormonde n’ont pas inventé le concept quand ils ont écrit que le scénario, car il s’agit d’une adaptation du livre éponyme de Patricia Highsmith.

Peu importe, car si le film de Hitchcock est à présent devenu une référence, ce n’est pas uniquement à cause de l’idée de base derrière l’histoire, mais parce que c’est un divertissement d’excellente facture. Le réalisateur s’applique une nouvelle fois à livrer de nombreux plans vraiment inventifs et esthétiquement marquants qui permettent d’entretenir la tension d’un bout à l’autre, et de la faire tranquillement grimper.

Nous avons donc Guy qui est plus ou moins la victime, car un meurtre est commis en son nom par un homme instable qui se met à le harceler et à s’immiscer dans sa vie qui était déjà bien compliquée pour commencer. Entre son ex-femme qui attendait le bébé d’un autre homme et qui lui refuse le divorce et sa nouvelle compagne qui se trouve être la fille d’un sénateur, la conjoncture est délicate et Hitchcock s’amuse avec les apparences pour pousser son héros à bout.

Robert Walker dans le rôle de Bruno Antony est aussi effrayant qu’imprévisible, ce qui est exactement ce que son rôle demandait, tandis que Farley Granger incarne un Guy relativement solide, même le dos au mur.

Concrètement, le film est impeccablement maitrisé d’un bout à l’autre, mais il faut reconnaitre que c’est la réalisation qui permet une nouvelle fois d’élever le film au-dessus du niveau d’un simple thriller. Hitchcock semble parfois privilégier la mise en scène à son histoire, mais ce n’est pas quelque chose que l’on retrouve dans Strangers on a Train, ce qui rend le film réellement solide, même après tant d’années.

Alfred-o-vision