Classic Hitchcock : Suspicion (Soupçons – 1941)

samedi 17 août 2013 à 16:42

Classic Hitchcock : Suspicion (Soupçons - 1941)

Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art et particulièrement ceux d’Alfred Hitchcock.

Le film : Suspicion (1941)

L’histoire : Irresponsable et sans argent, Johnnie Aysgarth parvient à séduire la douce et innocente Lina MacKinlaw qui acceptera de l’épouser. Elle découvre alors tardivement la vérité sur son mari qui vit d’une arnaque à un pari et qui ment sans arrêt pour cacher ses mauvais choix. Ne sachant plus discerner le vrai du faux, Lina commence à penser que Johnnie serait capable du pire pour effacer ses dettes.

Classic Hitchcock : Suspicion (Soupçons - 1941)

Verdict : Décrit comme un thriller psychologique romantique, Suspicion est l’adaptation du roman Before the Fact de Francis Iles. Il met donc en scène Joan Fontaine et Cary Grant qui se perdent dans un jeu d’apparences où les conventions sociales incitent à l’utilisation de mascarades pour entretenir l’illusion d’une réussite.

Hitchcock nous propose ici une variante pour un de ses thèmes de prédilection, puisqu’il est question d’un homme dont la culpabilité n’est pas prouvée, mais parait évidente à nos yeux. La différence notable est que l’on ne suit pas le faux coupable essayant de démontrer son innocence, mais une femme qui tente contre tout de croire que son mari n’est pas celui qu’il apparait être.

Après Rebecca, Joan Fontaine retrouve donc Hitchcock dans un rôle qui lui rapporta cette fois un oscar. Néanmoins, les personnages qu’elle interprète dans les deux films sont à un certain point assez similaire, puisqu’elles sont toutes les deux amoureuses d’un homme qui a quelque chose à cacher. La différence étant que dans Suspicion, elle apprend progressivement la vérité.

C’est d’ailleurs l’élément clé de l’intrigue, ce sur quoi Hitchcock s’appuie pour bâtir son suspense. On découvre avec Lina les mensonges de Johnnie et on voit ce dernier continuer à mentir sans arrêt. On est donc aussi conditionné qu’elle pour commencer à imaginer le pire quand tout s’aligne pour nous faire penser que Johnnie a commis un crime horrible.

Bien entendu, il faut attendre la toute fin pour savoir ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas. À ce stade, Suspicion semble être devenu un long métrage qui nous parle en premier lieu de la nécessité dans un couple de ne rien se cacher.

Quoi qu’il en soit, le film se repose finalement sur peu pour tenir la distance et cela fonctionne tout de même impeccablement, même si les manipulations du réalisateur sont par moment trop évidentes pour que la tension réussisse à atteindre les sommets espérer. C’est très certainement le poids des années qui se fait sentir à ce niveau.

Enfin, Suspicion doit beaucoup à ses interprètes. Cary Grant est très en forme, cabotinant ce qu’il faut pour rendre Johnnie aussi suspect qu’enjoué, tandis que Joan Fontaine permet d’éviter à l’histoire de sombrer inutilement dans le mélo en imposant son propre rythme au lieu de simplement suivre celui de son partenaire à l’écran.

Le principal reproche qu’il y a à formuler au sujet de ce film est en fin de compte la simplicité de son scénario. S’il parvient à fournir ce qu’il fallait pour que l’ensemble fonctionne, il y avait les bases pour délivrer des portraits de personnages plus complexes et la conjoncture socio-économique du couple aurait gagné à être plus étoffée. Hitchcock parait donc par moment faire dans l’économie et c’est un peu dommage, même si cela ne handicape pas le long métrage qui laisse cependant l’impression d’avoir en lui un potentiel qui n’est pas totalement exploité.

Alfred-o-vision

Classic Hitchcock : Suspicion (Soupçons - 1941)
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Réalisateur : Alfred Hitchcock ; Scénariste : Samson Raphaelson, Joan Harrison, Alma Reville.
Casting : Cary Grant, Joan Fontaine, Sir Cedric Hardwicke, Nigel Bruce, Dame May Whitty.