Classic Hitchcock : Vertigo (Sueurs froides – 1958)

vendredi 10 août 2012 à 12:16

Il n’est jamais trop tard pour visionner les films que l’on aurait déjà dû voir. Pour cette raison, Critictoo Cinema se penche sur ces longs-métrages qu’on appelle classiques et qui ont marqué le septième art et particulièrement ceux d’Alfred Hitchcock.

Le film :  Vertigo (1958)

L’histoire : Après un accident qui couta la vie à un homme, le détective John « Scottie » Ferguson se retire des forces de police, incapacité par des vertiges. Il accepte alors un travail simple pour un vieil ami, suivre la femme de ce dernier, Madeleine, dont le comportement est de plus en plus étrange. Scottie va alors devenir obsédée par elle.

Verdict : Vertigo vient d’être nommé meilleur film de tous les temps au prestigieux classement délivré par le magazine Sight & Sound, délogeant ainsi Citizen Kane qui dominait depuis 50 ans. Cela a fait couler beaucoup d’encre et, le hasard faisant bien les choses, il était temps pour moi de le revoir.

Je n’ai jamais caché que Vertigo est un des films que j’aime le moins dans la filmographie d’Hitchcock, du moins, dans tous ceux que j’ai vus jusqu’à présent. Le revoir n’était pas nécessairement une priorité, mais je me suis dit qu’après toutes les années qui se sont écoulées depuis mon dernier visionnage, je ne pouvais que le redécouvrir d’un œil neuf avec la possibilité d’apprécier des choses à côté desquelles j’étais peut-être passé la première fois.

Il est indéniable qu’Alfred Hitchcock est irréprochable ici du point de vue technique qui sert à merveille son sens de l’esthétique. Malgré les années, le film parvient toujours à impressionner avec certains plans des plus maitrisés. Malheureusement pour moi, ce n’est pas suffisant pour compenser ce qui m’a le moins engagé auparavant, à savoir, l’histoire.

Le point de départ n’est pas mauvais, au contraire, et cela tient bien la route jusqu’à la première véritable rencontre entre Scottie et Madeleine. À partir de là, l’obsession de l’ancien policier commence à tirer un peu fort sur la corde. Elle monte brutalement, créant une scission nette avec la distance qui dominait le métrage précédemment. À ce niveau-là, le twist principal du film arrive un peu trop rapidement pour laisser à cette nouvelle relation l’opportunité de se développer. D’ailleurs, à l’approche de ce point pivot de l’intrigue, Madeleine se montre on ne peut plus poussive dans son délire et Kim Novak vend difficilement le morceau. Ce n’est de plus pour elle que le moindre des reproches que j’aurais à formuler. Sa prestation dans la seconde moitié du film est au mieux inégale.

Le souci arrivé à ce point est qu’il manque à mon gout une alchimie palpable entre elle et Stewart. Les déclarations de sentiments ne sont pas suffisantes pour convaincre, surtout que Scottie semble avant tout noyé dans son obsession, ne prêtant que peu d’attention à la femme qui l’accompagne. Elle cabotine alors pour tenter de s’imposer, mais si elle n’avait pas été là, ça n’aurait peut-être pas changé grand-chose.

Cette obsession est le moteur du film, je peux donc difficilement reprocher sa place dans l’histoire, mais il est regrettable qu’elle rende James Stewart presque monolithique. Sa passion s’exprimera trop tardivement pour compenser ce qui précéda.

Enfin, j’aime beaucoup Barbara Bel Geddes dans le rôle de Midge, la meilleure amie de Scottie, et c’est dommage qu’elle se retrouve totalement éclipsée après la dépression de son ami.

Au final, j’ai un peu plus apprécié le film que la première fois, le trouvant moins soporifique que dans mes souvenirs. Cela ne change cependant rien au fait que je n’adhère vraiment pas au traitement accordé à l’histoire.

Alfred-o-vision