Django Unchained (2012)

mercredi 16 janvier 2013 à 11:58

Django Unchained (2012)

Quentin Tarantino est de retour dans un nouveau genre, puisqu’il s’aventure cette fois dans le western. Comme toujours, son cinéma se trouve à la croisée entre l’hommage et la création originale, un savant mélange homogène dans lequel on retrouve sa marque de fabrique et de multiples références aux westerns (spaghetti et autres) et à la blaxpoitation.

L’histoire trouve son origine dans un mythe allemand, comme on nous l’explique dans le film, celui de Siegfried et Brünnhilde. Au moment où le personnage du Dr King Schultz (Christoph Waltz) l’évoque, il est facile de penser que cela est anecdotique, mais la suite du film prouvera qu’il n’en était rien.

Django Unchained (2012)

Quoi qu’il en soit, Django Unchained parle de Django Freeman (Jamie Foxx), un esclave qui gagne sa liberté grâce à un chasseur de primes avec lequel il s’associe. Ensemble, ils finiront par partir à la recherche de la femme de Django, Broomhilda (Kerry Washington), qui est la propriété de Calvin J. Candie (Leonardo DiCaprio), un homme riche et puissant qu’il faudra duper.

Comme avec Inglorious Basterds, Tarantino découpe son film de manière distinctive, imposant dans chaque acte un rythme et un style légèrement différent. Il y aura ainsi une partie de l’histoire où le second degré et l’humour sont très présents, tandis que la tension dominera plus sur la suite. Il y a de toute façon de la place pour tout avec un peu plus de 2h45min de métrage. Il n’y a pas à dire, c’est long, un poil trop, même s’il n’y a pas réellement le temps de s’ennuyer. C’est également violent, plus dans le style Kill Bill par moment que dans celui de The Wild Bunch, ce qui rend quelques passages étrangement décalés.

Django Unchained (2012)

Le film fonctionne cependant grâce à ses personnages. Que ce soit Django et le Dr Schultz ou leurs ennemis comme Calvin Candie et Stephen (Samuel L. Jackson), il n’y en a pas un qui soit à moitié fade. Haut en couleur serait d’ailleurs un qualificatif presque faible pour parler de Candie, ce qui donne à Leonardo DiCaprio l’opportunité de livrer une performance des plus rafraichissantes, le montrant sous un jour nouveau. Son rôle souffre certes d’une légère absence de nuances sur papier, comme les autres, mais il compense largement avec son interprétation qui permet justement d’ajouter ce qui manque, une dose de complexité qui s’exprime plus au travers la gestuelle qu’avec les dialogues. Dans le registre, Samuel L. Jackson est aussi exemplaire. Jamie Foxx et Christoph Waltz bénéficient d’un développement plus important de par le fait qu’ils sont présents d’un bout à l’autre du métrage, mais ils se font par moment légèrement éclipser par leurs opposants, tout particulièrement Waltz qui devient malheureusement plus accessoire dans la dernière partie du film.

Django Unchained (2012)

Tous peuvent en tout cas compter sur des one liners qui font mouche et sur une iconographie travaillée avec minutie. Les détails font le charme et plus encore. Par contre, la musique qui est habituellement un point fort des longs métrages de Tarantino tend occasionnellement à être trop envahissante, ce qui alourdit certains passages et effets de styles.

Globalement, Django Unchained est une œuvre que son réalisateur ne peut en aucun cas renier. D’une efficacité indéniable, le film souffre tout de même de l’enthousiasme d’un Tarantino qui semble vouloir par moment trop en mettre. Rien qui ne puisse réellement entacher le plaisir du visionnage, mais cela à tendance à rendre des scènes plus difficiles à digérer que d’autres. En tout cas, c’est un spectacle des plus divertissant et d’une richesse étonnante.

Django Unchained (2012)

Réalisateur & Scénariste : Quentin Tarantino.
Casting : Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio, Kerry Washington, Samuel L. Jackson, Walton Goggins, Dennis Christopher, James Remar, Michael Parks, Don Johnson.