Everybody’s Fine (2009)

dimanche 07 février 2010 à 18:55

Résumé : Un homme veuf décide de jouer les touristes à travers les États-Unis et de réunir ses cinq enfants, disséminés dans tout le pays, afin de reprendre contact.

Sans y regarder de trop près, Everybody’s Fine sentait le film familial idéal pour les fêtes, duquel on n’attend strictement rien, avec un petit parfum de  Noël (l’histoire s’achevant sur cet évènement). En tout cas, c’est le sentiment que j’avais, en partie dû au marketing US.

Il se trouve que Everybody’s Fine n’est pas du tout ce genre de film, mais se révèle être un drame familial réaliste et touchant. C’est donc l’histoire de Frank, qui décide de renouer avec ses enfants avec qui il a perdu le contact depuis le décès de sa femme – cette dernière étant celle qui maintenait les liens familiaux.

Le voyage l’emmène à différents lieux des États-Unis, après n’avoir pas réussi à voir son premier fils David. S’ensuivra alors Amy, business woman accomplie mais traversant une crise familiale qu’elle dissimule, Robert musicien qui n’a pas atteint les ambitions de son père mais qui apprécie son style de vie malgré une certaine difficulté à gérer ce qu’il est et ce qu’on attendait de lui, puis le voyage se termine avec Rosie, danseuse à Las Vegas, ne souhaitant qu’être la fille à son papa, au prix d’un mensonge assez gros de peur de décevoir aussi.

En fait, Frank était un père exigeant ayant mis beaucoup de pression sur les épaules de ses enfants, qui vont tous lui mentir par peur de ne pas combler les attentes de ce dernier. Derrière cela, ils dissimulent tous un plus gros secret, lié à leur frère David.

Si dans certains moments vers la fin, le film plonge un peu trop dans une mise en scène accentuant le drama, Everybody’s Fine tombe rarement dans ce travers-là, réussissant à éviter pas mal d’écueils. L’histoire expose un portrait familial honnête, où il est difficile de ne pas connecter, chaque enfant ayant géré les exigences de leur père de façon différente, et offrant ainsi la difficulté qu’il y a à être soi-même tout en essayant de satisfaire autrui, ou ce qu’on pense qu’autrui attend de nous. Frank, au final, ne veut que le bonheur de ses enfants, ne sachant pas forcément ce qu’il est pour eux, et surtout les voyants toujours comme des enfants, même s’ils n’en sont plus (et c’est le cas de tous les parents, au final).

Je mentirais en disant qu’il ne manque pas quelque chose à Everybody’s Fine, même s’il est difficile de décrire quoi. On se rend bien trop compte des secrets dissimulés, et la révélation autour de David est surtout sauvée par la performance des acteurs et de ce qui en découle. Le film fonctionne avant tout grâce à son casting et au fait qu’en tant que spectateur, ce à quoi on assiste fait écho à des sentiments qui nous sont familiers.

Réalisateur et scénariste : Kirk Jones, d’après le scénario original du film Stanno tutti bene.
Casting : Robert De Niro, Drew Barrymore, Kate Beckinsale, Sam Rockwell, Katherine Moennig, Melissa Leo, James Frain, Ben Schwartz.