Evil Dead (2013)

jeudi 04 juillet 2013 à 9:52

Evil Dead (2013)

Après avoir revisité la trilogie Evil Dead, je ne suis pas certain que la pertinence d’un remake m’apparaissait avec évidence, tout particulièrement sans Ash/Bruce Campbell. Néanmoins, l’absence du personnage iconique est probablement préférable ici, car Campbell est unique et toujours en forme, toute tentative de réinvention du rôle aurait difficilement évité les pires critiques.

Quoi qu’il en soit, nous retournons dans la célèbre maison au cœur des bois… Klaatu verata nicto, et le démon réapparait. L’histoire se centre sur Mia et ses amis qui sont présents pour aider la jeune femme à mettre un terme à sa consommation de drogues fortes. Sur fond de réunion de famille et de désintoxication, le massacre commence.

Evil Dead (2013)

Cette relecture de The Evil Dead débute assez intelligemment en installant un contexte qui justifie pourquoi les personnages restent jusqu’à ce qu’il soit trop tard. La désintox de Mia est violente et les premières manifestations démoniaques sont assimilées à ses délires. De plus, la relation qu’elle entretient avec son frère se révèlera être un fil narratif assez fort qui permettra au film de développer une solide couche émotionnelle qui renforce l’impact des morts.

Des morts, justement, il y en a et elles sont gores. Il est loin le temps des effets en pâte à modeler, ici l’hémoglobine n’est pas en manque. Néanmoins, le film original (et même sa suite) n’est jamais très éloigné et les références sont multiples, tout particulièrement au niveau de ces fameuses morts – même si cela va parfois plus loin. À la réalisation, Fede Alvarez n’hésite pas à se réapproprier des plans de Sam Raimi pour leur donner une relecture plus intense.

Evil Dead (2013)

Evil Dead (2013)

La grosse différence entre cette version 2013 et celle de 1981 est la disparition de l’humour. Le long métrage d’Alvarez est dénué de second degré. C’est quelque peu regrettable, mais il faut reconnaitre que cela aide – comme l’absence d’Ash – à créer une distance supplémentaire entre l’original et le remake, offrant à ce dernier la possibilité d’imposer sa propre identité jusqu’au bout.

Dans ce sens, Evil Dead se présente alors comme un pur film d’horreur, et pas un de ceux qui ne sont bons que pour faire de l’exploitation. Le scénario ne s’éloigne jamais du cœur dramatique de son histoire pour tenter d’ajouter une touche de sexy qui aurait été aussi gratuite qu’inappropriée dans le contexte, tandis que l’horreur va bien dans le gore avec des mutilations sanglantes, mais la violence des scènes ne s’étend jamais au-delà de ce qui est nécessaire à l’entretien de la tension. Concrètement, ça ne vire pas au torture-porn, même si cela aurait été assez facile.

Ainsi, Evil Dead s’impose comme étant assez réussi dans son genre. Son propos et sa mise en œuvre se montrent étrangement éloignés du film original, mais ce n’est finalement pas une mauvaise chose. Contourner les plus grands obstacles du processus d’adaptation donne à ce remake l’opportunité de briller par lui-même, bien que l’on peut tout de même avoir quelques regrets, surtout avec le clin d’œil de Campbell à la fin du générique. Cela n’enlève cependant rien aux réussites du film d’Alvarez.

Evil Dead (2013)

Réalisateur : Fede Alvarez ; Scénaristes : Fede Alvarez, Rodo Sayagues.
Casting : Jane Levy, Shiloh Fernandez, Lou Taylor Pucci, Jessica Lucas, Elizabeth Blackmore.