Fair Game (2010)

samedi 29 janvier 2011 à 22:48

Fair Game est un film qui raconte l’histoire de Valerie Plame, agent de la CIA qui travaillait sur l’Irak et la recherche d’armes de destruction massive et dont l’identité fut révélée via la presse, ce qui ruina sa carrière et faillit anéantir sa famille.

C’est basé sur une histoire vraie, pour ce que l’on peut en savoir, puisque c’est un domaine où la vérité a tendance à devenir un concept flou. En tout cas, ça doit vous rappeler le film Nothing But The Truth dont j’ai parlé il y a pratiquement 2 ans. L’histoire était similaire en certains points, car fortement inspirée de cette même affaire. Cela dit, Nothing But The Truth utilisait un angle différent et broda une histoire fictionnelle pour parler de la liberté de la presse et de ses limites.

Enfin bref, ici, nous avons Naomi Watts qui joue la fameuse Valerie Plame dont l’identité sera révélée au grand public, grillant ses couvertures et tout ce qui va avec. Le truc, c’est qu’au lieu de parler de ça, la première moitié du film va être consacrée à nous montrer Valerie au travail, ce qu’elle faisait exactement, et ce dans quoi elle était impliquée. C’était nécessaire pour donner de l’ampleur à ce qui découle de la fuite dans la presse, mais cela finit par être quelque peu ennuyant, car ça s’étire en longueur et ça ne semble pas pouvoir aboutir quelque part.

Quand l’histoire est révélée au grand jour, c’est Sean Penn qui prend les devants. Il tient le rôle du mari de Valerie que l’on a donc appris à connaitre un peu durant la première moitié. Il est enragé par ce qui se passe et veut se battre, tandis que sa femme garde le silence.

Cette seconde moitié finira elle aussi par souffrir de longueurs, car on attend le moment où Valerie va réagir.

Globalement, le film va dans deux directions, les étirant au maximum, car il y avait une volonté claire d’utiliser l’histoire pour exploiter avant tout son aspect politique, et c’est ça qui s’épuise trop vite.

L’ensemble reste pertinent, surtout dans sa représentation du pouvoir du gouvernement et des manipulations médiatiques. Cela dit, le film perd pied occasionnellement, ne devant alors son salut qu’à Naomi Watts et Sean Penn qui offrent à leurs personnages les nuances nécessaires pour les rendre authentiques et pour éviter qu’ils ne soient que des instruments au service du message du film. Vu le type d’histoire, l’aspect humain était primordial et a failli être sacrifié au profit des faits.

En tout cas, Doug Liman nous fait un film techniquement maitrisé, mais dont le style pénalise parfois l’histoire, imposant une pression qui tend à mieux se marier avec le thriller qu’avec le drama tel qu’il est présenté ici. Les acteurs n’ont alors pas toujours l’espace nécessaire pour s’exprimer, ce qui est regrettable par moment.

Je ne suis donc pas totalement convaincu par ce que Fair Game devait être, car l’aspect espionnage du départ m’a trop rappelé tous les films de ce style que nous avons déjà vus ces dernières années, alors que le sujet du film ne semblait pas être ça. Bref, c’est un peu confus, mais si on dépasse cela, cela est relativement facile à suivre et à apprécier.

Réalisateur : Doug Liman ; Scénaristes : Jez & John Butterworth.
Casting : Naomi Watts, Sean Penn, Khaled El Nabawy, Ty Burrell, Sam Shepard, Bruce McGill, Brooke Smith, Michael Kelly, Noah Emmerich, David Denman, David Andrews, Geoffrey Cantor, Adam LeFevre, Satya Bhabha.