Frank Capra’s American Madness (La Ruée – 1932)

dimanche 07 octobre 2012 à 12:16

American Madness (La Ruée) marque la première collaboration entre Capra et le scénariste Robert Riskin et introduit aux thèmes sociaux et politiques qui vont peupler les œuvres marquantes des deux hommes, avec au centre un héros bon qui doit naviguer dans un système corrompu – ou que l’homme corrompt, au choix. L’histoire trouve son origine dans l’admiration qu’avait Riskin pour the Bank of America (qui a financé Columbia, le studio de production du film), qui était prête à prendre des risques à la différence d’autres.

Peut-être n’y a-t-il pas meilleure période pour explorer le cinéma de Capra, réalisateur à l’ère de la grande dépression, alors que nous sommes toujours en pleine crise économique. Cela, d’une certaine façon, donne une idée un peu plus précise de ce que les gens y trouvaient dans ces films pop-corn, très simpliste, mais aux valeurs enthousiasmantes, qui tendent toujours à mettre en exergue ce qu’il y a de meilleur en l’être humain.

American Madness, c’est donc l’histoire de Thomas Dickson (incarné par un excellent Walter Huston), le patron d’une banque qui accorde des prêts à ceux dans lesquels ils croient, et son système lui a majoritairement réussit, même si le Conseil des Directeurs n’adhère pas à sa politique. Quand la banque est cambriolée au cours d’une nuit, sa position est mise en danger avec des clients paniqués qui viennent chercher leur argent. Le film place donc Dickson en une figure stable et respectueuse qui doit naviguer dans des eaux troubles, refusant de se laisser corrompre par le système bancaire qui ne prend pas en compte le facteur humain ou de retourner sa veste alors même que ceux qu’il soutient ont perdu la tête.

Du haut de ses 75 minutes, American Madness délivre une histoire toute simple et qui se laisse suivre sans déplaisir. Le film manque de développements ou d’approfondissements, mais il va droit au but, soit affronter une période difficile de l’Amérique et y insuffler de l’espoir.

Réalisateur : Frank Capra ; scénariste : Robert Riskin.
Casting : Walter Huston, Pat O’Brien, Kay Johnson, Constance Cummings, Gavin Gordon, Arthur Hoyt, Robert Emmett O’Connor.