Grabbers (2012), la comédie horrifique irlandaise alcoolisée

vendredi 07 septembre 2012 à 11:00

Grabbers  est une petite comédie d’horreur/SF irlandaise qui a quelque peu fait parler d’elle sur le circuit des festivals, notamment à Sundance où elle reçut des critiques positives. Cela se centre sur les habitants d’une île qui sont pris pour cible par un alien mi-pieuvre mi-vampire qui n’aime pas trouver de l’alcool dans le sang. Par conséquent, pour survivre, il faut se saouler, ce qui n’aide pas vraiment au moment d’attaquer le monstre.

Le pitch est légèrement décalé et en révèle presque un peu trop, car le coup de l’alcool ne concerne principalement que la seconde moitié du long métrage. Il aurait cependant été difficile de promouvoir le film sans cet élément qui est plus ou moins à la base d’une grosse partie des éléments comiques.

Quoi qu’il en soit, tout débute avec quelque chose venu du ciel qui s’écrase dans la mer. Le lendemain, Lisa de la Garda arrive sur Erin Island pour remplacer un collègue partant en vacances – et pour profiter du décor. Et puis, comme elle le fait remarquer au départ, c’est toujours dans les endroits les plus calmes que les trucs les plus étranges se produisent. Elle n’a pas tort, forcément. Cela dit, ça n’enchante pas spécialement Ciaran, son collègue pour deux semaines et alcoolique qui aimerait qu’on le laisse cuver tranquillement.

La mise en place après ça prend son temps. On passe par les premières attaques, la découverte d’un spécimen pas vraiment mort, mais petit, puis l’apparition d’un monstre énorme qui traine dans le coin en attendant son heure. On arrive au point où on réalise que la seule chose qui a sauvé le brave Paddy jusque-là est qu’il est plus ou moins toujours bourré. C’est donc tournée générale pour tous les habitants de l’île !

L’humour éthylique à l’irlandaise, il y a quelque chose de presque trop facile là-dedans, mais ça marche malgré tout. Enfin, surtout pour Ruth Bradley, Russell Tovey et les quelques poivrots locaux, mais pas trop pour Richard Coyle qui tient plus ou moins le premier rôle, mais il ne parvient étonnement pas à s’imposer réellement. D’ailleurs, il y a une storyline romantique de forcée au milieu de toute cette folie entre son personnage et celui de Ruth Bradley, et ce n’était pas franchement utile, bien au contraire.

En tout cas, le héros est peut-être un peu effacé, mais ça n’affecte pas vraiment l’ensemble qui se montre efficace d’un bout à l’autre, tout particulièrement au niveau de l’humour. Les effets spéciaux ne sont pas mauvais non plus, crédibilisant efficacement l’ennemi à tentacules et sa progéniture menaçante.

Malgré ça, Grabbers  reste à son échelle et s’il parvient à délivrer tout ce qu’il promettait, il manque tout de même un peu d’ampleur pour exploiter pleinement son potentiel. Ce n’est pas réellement dérangeant au final, car le divertissement est bien là et la petite ouverture à la fin laisse espérer une suite qui pourrait justement être encore plus folle.

Réalisateur : Jon Wright ; Scénariste : Kevin Lehane.
Casting : Richard Coyle, Ruth Bradley, Russell Tovey, Lalor Roddy, David Pearse, Bronagh Gallagher, Pascal Scott.