In the Company of Men (En compagnie des hommes – 1997)

dimanche 17 octobre 2010 à 18:43

Résumé : Deux cadres frustrés, dépassés par de jeunes loups plus agressifs et rejetés par leurs fiancées, décident de se venger en s’attaquant à une femme vulnérable et faible.

Présenté en 1997 à Sundance, In the Company of Men, premier film de Neil LaBute, avait provoqué la controverse. Aujourd’hui, en visionnant le métrage, il faut reconnaître que ce qui avait dû faire temps parler en ce temps-là, et qui fait que le film est excellent pour certains, voire possiblement culte pour quelques-uns, se trouve encore assez bien présent.

Il m’est assez difficile d’imaginer comment on pourrait faire un film pareil aujourd’hui, Chad (Aaron Eckhart) étant un manipulateur ignoble, un destructeur professionnel, que l’on voit à l’œuvre et qui même de nos jours, n’a pas tant d’équivalents que cela. Chad est un gros misogyne, dans le genre qui n’est plus trop représenté. S’il y avait besoin de redonner une définition au mot, il me semble que le film le fait parfaitement.

Mais Chad ne s’arrête sûrement par là, car c’est un homme à la personnalité affirmé (bien que clairement malsain), décidé à emporter dans la tourmente les plus faibles par satisfaction personnelle, et c’est Howard qui se laisse stupidement manipuler, simplement car il n’est pas capable de dire non. Chad décide de se venger de la gent féminine, en visant une jeune femme « faible » pour finalement la jeter comme un malpropre à l’arrivée. En tout cas, c’est son but, bien que le film ne dévoile pas tout dès le départ.

J’admets avoir eu grande difficulté à me prendre dans In the Company of Men, non aidé par le fait qu’il y a une grande partie du développement qu’il est facile de faire dans sa tête. Tout particulièrement tout ce qui touche Howard. J’ai en plus trouvé que Christine – la jeune femme visée – manquait quelque peu de consistance, et si elle parvient à en sortir avec son honneur sauf à la fin, si on peut dire, le fait est qu’elle ne semble jamais réellement prendre une véritable dimension.

Tout ceci n’est pas forcément aidé par le fait que l’univers de l’entreprise  dépeint dans le film est froid et impitoyable. D’un autre côté, c’est la partie que j’ai préférée, il y a un côté très réaliste dans les interactions – pour certaines choses, il faut replacer dans l’époque. Finalement, l’environnement dans lequel tout se place – et qui est une incarnation même des thématiques du film – m’a paru bien plus intéressant que l’ochestration de la « vengeance ».

Bref, avec le temps, la storyline de In the Company of Men a, je pense, perdu car elle est beaucoup trop évidente, ce qui affaiblit pas mal l’ensemble. Il en reste quand même des portraits d’humains qui sont restés solides et percutants.

Réalisateur & scénariste : Neil LaBute
Casting : Aaron Eckhart, Matt Malloy, Stacy Edwards