J’ai revu les épisodes I à III de Star Wars pour la dernière fois de ma vie

lundi 29 juillet 2013 à 17:07

Star Wars

Tout d’abord, commençons par le commencement. Étant né au début des années 80, je n’ai pas découvert Star Wars à sa sortie, mais tout de même à un jeune âge. J’ai plus ou moins grandi en revoyant la trilogie régulièrement étant donné c’était vachement bien – et puis c’est tout, fin de l’histoire, puisque l’on reviendra sur les épisodes IV à VI d’ici peu.

En 1999, comme beaucoup de monde, je suis allé voir Star Wars Episode I: The Phantom Menace en salle dès que ce fut possible. J’étais dans la file d’attente le premier jour après avoir attendu pendant des mois cette fameuse sortie. Bien entendu, j’avais acheté les magazines qui en parlaient et je me suis procuré la B.O. dès que possible. Malheureusement, la découverte de ce premier opus fut une déception. Sur le moment, comment ne pas soudainement remettre en question toute une existence à adorer des films qui, si ça se trouve, étaient aussi mauvais que ce que je venais de voir ? Forcément, admettre que la qualité n’était pas là ne fut pas évident, il y a eu une période de déni logique, on ne peut pas développer une telle impatience et encaisser un retour à la réalité aussi fort sans penser que le problème ne vient peut-être pas du film, mais du spectateur – moi en l’occurrence.

Star Wars Episode I: The Phantom Menace

Bref, c’est peu dire que mon intérêt pour les deux épisodes suivants fut proche de l’inexistant. Pour moi, il n’y avait désormais qu’une seule trilogie Star Wars qui comptait et puis c’est tout. Lucas peut faire ce qu’il veut, il ne pouvait pas m’enlever ça.

J’ai ainsi regardé les épisodes 2 et 3 avec peu d’enthousiasme et rien de ce que j’ai vu ne put changer ça. Je n’ai donc jamais pris la peine d’y jeter un second coup d’œil, jusqu’à la semaine dernière.

On en arrive alors à un peu plus de 6 heures douloureuses de visionnage que je préfère déjà oublier.

Je revenais vers cette trilogie sans attente, je n’envisageais d’ailleurs pas d’être agréablement surpris. Non, je n’espérais même pas ça. Par contre, je ne pensais pas non plus que mon cerveau avait réussi à bloquer autant d’horribles souvenirs.

Star Wars Episode I: The Phantom Menace

Star Wars Episode I: The Phantom Menace est globalement un film pour enfants. On y retrouve tous les ingrédients et poncifs de ce genre qui, bien fait, peut offrir un bon divertissement et parfois plus. On a un jeune héros qui va vivre des aventures extraordinaires avec des aliens colorés dans des décors qui le sont encore plus. À côté, il y a les adultes qui sont simplement d’une rigidité à faire peur. À croire que Lucas forçait les acteurs à ne jamais détendre un muscle. Tout le monde ou presque parait être embarrassé par les dialogues, ne sachant pas spécialement comment les délivrer. Néanmoins, c’est le jeune Anakin qui vole la vedette et Jar Jar qui agace tous les adultes qui ont conscience qu’il n’est qu’une pauvre excuse pour tenter d’ajouter de l’humour et vendre des action figures – il était donc parfaitement à sa place dans un film pour enfant. Une fois que je suis arrivé au bout, il est difficile de ne pas se rendre compte que même si les méchants étaient les pires caricatures qui soient et que l’on veut nous faire croire à une victoire des gentils, histoire de rester dans les codes imposés par ce type de film, une grosse dose de pessimisme se fait sentir.

C’est l’un des soucis majeurs de cette trilogie, les héros sont condamnés dès le début à perdre et on est forcé d’assister péniblement à leur déroute longue et douloureuse, ce qui est à la base des deux films suivants. À noter également qu’un autre problème se trouve être la musique de John Williams qui est simplement trop bonne, ce qui crée un décalage qui amplifie le ratage qu’elle accompagne, et ça s’empire à chaque épisode. Par moment, fermer les yeux et apprécier le travail de Williams semblait être la seule manière de lui rendre justice.

Star Wars Episode II: Attack of the Clones

Star Wars Episode II: Attack of the Clones nous introduit à l’une des pires performances d’acteur de ce siècle avec Hayden Christensen dans le rôle d’Anakin Skywalker. C’est juste embarrassant de le regarder et de l’écouter. Même avec Ewan McGregor et Natalie Portman qui paraissent libérés des contraintes du premier opus, se montrant alors bien meilleurs, Christensen n’arrive à rien. À chacune de ses apparitions, il surjoue, sonne ridicule et trouve le moyen d’être simplement impossible à apprécier, ce qui est un peu contre-productif puisque l’on est censé être concerné par ce qui lui arrive. L’autre souci de ce film est que l’on peut en couper 80% sans que cela soit dérangeant pour l’évolution de l’intrigue. C’est effarant de voir à quel point Lucas se contente de brasser de l’air et tente de se faire pardonner en offrant de l’action à tout va dans la dernière partie. Au préalable, il a tout de même fallu digérer toute la partie du retour d’Anakin sur Tatooine qui est simplement ignoble.

Comme ce sera encore plus le cas avec l’épisode III, l’idée semble ici d’entamer la transformation afin que l’univers de la saga commence à prendre forme de manière à coller à ce qu’il est au début de la trilogie d’origine.

Star Wars Episode III: Revenge of the Sith

Dans cette optique, Star Wars Episode III: Revenge of the Sith n’est qu’une pauvre excuse pour un film. Les effets numériques prennent le dessus de façon totalement ridicule afin de créer un mirage destiné à nous faire croire que tous les personnages ne sont pas baladés dans tous les sens juste pour éviter qu’ils interviennent logiquement aux moments clés. L’intégralité du film est orientée pour nous entrainer à la naissance de Luke et Leia et à l’apparition de Darth Vador. Cela fait que, comme pour le précédent, une grosse partie de ce qui se passe est simplement à jeter, de la distraction sans intérêt, tandis que le reste est un agencement de scènes à la finalité aussi douloureusement évidente qu’elle est poussive. Christensen et Ian McDiarmid surjouent de manière proprement horrible au point que la confusion s’installe, faut-il rire ou pleurer ? Quant à Natalie Portman, j’avais juste pitié pour elle à ce stade, ses scènes étant écrites avec un mépris total de son talent.

Au final, je ne pensais pas que revisiter cette trilogie serait à ce point une épreuve, et je n’en attendais pourtant rien. Au moins, il est désormais clair pour moi qu’il ne sera plus jamais question de la revoir. Il y a des films qui sont mauvais, mais qui sont simplement divertissants, nous n’avons même pas ça comme compensation. C’est juste triste.

Pour la suite, je vais donc revenir sur chaque film de la trilogie originale, et les traiter de manière indépendante, parce qu’ils le valent bien.