James Bond : l’année George Lazenby : On Her Majesty’s Secret Service (1969)

mercredi 08 janvier 2014 à 15:43

Sean Connery s’en est allé, et c’est donc George Lazenby qui reprend le flambeau pour traquer Ernst Stavro Blofeld. Bien entendu, cela ne durera pas longtemps, puisque Lazenby laissera bientôt sa place à Sean Connery, avant que Roger Moore prenne à son tour la relève. Cela n’est pas encore pour tout de suite.

Retour en 1969 avec George Lazenby…

On Her Majesty’s Secret Service (1969)

On Her Majesty's Secret Service (1969)

Le pitch : James Bond recherche Blofeld (Telly Savalas), mais sans résultat M le retire de l’affaire. Une rencontre avec la comtesse Tracy di Vicenzo lui apportera de manière étonnante la piste qu’il cherchait pour retrouver son ennemi qui fomente un nouveau complot.
The Bond Girls : Tracy di Vicenzo (Diana Rigg), Ruby Bartlett (Angela Scoular)
Personnages récurrents : M. (Bernard Lee), Miss Moneypenny (Lois Maxwell), Desmond Llewelyn (Q).
Les vilains : Ernst Stavro Blofeld (Telly Savalas), leader du SPECTRE, et Irma Bunt (Ilse Steppat).

Connery est parti, Lazenby est arrivé. C’est une période étrange pour la série, puisque On Her Majesty’s Secret Service se présente plus ou moins comme un reboot, mais s’inscrit globalement dans la suite de You Only Live Twice – même si ce n’est pas totalement le cas en terme de continuité.

En gros, l’idée parait être que pour mieux vendre le nouvel interprète, il fallait le représenter sous un angle différent. Les gadgets prennent des vacances et, bien que le plan de Blofeld soit un peu énorme, l’intrigue est abordée avec une pointe de réalisme. De plus, Peter R. Hunt prend en main la réalisation et s’éloigne légèrement de ce qui a été fait auparavant en injectant un dynamisme assez impressionnant, tout particulièrement dans les scènes d’action qui surpasse le niveau des précédents. Par contre, il faut reconnaitre que ça n’atténue pas les différentes baisses de régime causées par quelques scènes qui s’étendent étrangement en longueur quand 007 mène l’enquête – le film fait environ 20 minutes de plus que la moyenne de la franchise à l’époque.

On Her Majesty’s Secret Service a en tout cas des qualités indéniables, mais on ne peut pas dire que George Lazenby qui excellent pour autant. Il est certes plus qu’à l’aise dans l’action, mais il peut être une véritable catastrophe quand il s’agit de délivrer ses lignes de dialogues. Sa première scène synthétise cela à merveille, puisqu’il distribue les coups avec hargne, mais sort également deux lignes de dialogues qui déstabilisent étrangement. Comme premier contact, on pouvait faire mieux.

On Her Majesty's Secret Service (1969)

Le Bond de Lazenby, comme tout le film, se voudrait être plus proche du livre sur lequel il se base que ne le fut Connery. Néanmoins, ce dernier a posé un standard qu’il n’est pas évident de suivre. Ce n’est pas non plus aidé par Diana Rigg qui ne se contente pas d’être belle. Son personnage élève sévèrement la moyenne des Bond Girls. Intelligente, indépendante, déterminée et aventurière, Tracy di Vicenzo a besoin de Bond pour la sauver d’elle-même, mais pour le reste, elle se débrouille bien toute seule. C’en est au point où elle vole la vedette à son partenaire à l’écran à chacune de ses apparitions. Elle aide ainsi à rendre cet opus meilleur, mais elle handicape sérieusement Lazenby qui se devait de faire des étincelles pour prouver qu’il était digne de porter la franchise sur ses épaules. À dire vrai, j’aurais certainement pu apprécier d’autres films avec lui, surtout quand on voit ce qui vient après, mais l’acteur était persuadé que Bond était déjà fini et il préféra partir, montrant à quel point il n’était pas doué pour prédire l’avenir.

Je reste en tout cas partagé sur certains éléments de On Her Majesty’s Secret Service. Si je trouve Diana Rigg merveilleuse dans le rôle et les scènes d’actions sont impeccables, certains points de l’histoire m’irritent légèrement. Un en particulier n’est autre que Blofeld. La prestation de Telly Savalas n’est pas à remettre en question, mais l’écriture du personnage crée un fossé avec la continuité de la franchise, ce qui, au départ, donne naissance à une confusion irritante. Ce n’est pas aidé par l’investigation dans le centre de recherche qui tend à devenir rapidement vaine, sans oublier l’utilisation déstabilisante d’un doubleur pour que Bond montre ses talents d’imitateurs.

Néanmoins, il faut admettre que la somme des qualités dépasse notablement celle des défauts et, après You Only Live Twice qui était en mode automatique, c’est un retour en forme agréable. Il aurait certainement pu être meilleur avec un James Bond qui assurait vraiment à tous les niveaux, mais l’inattendue présence d’une couche émotionnelle relativement bien écrite et assez inédite dans la série offre une bonne compensation qui élève légèrement l’ensemble, tout particulièrement dans sa conclusion tragique qui finit réellement de mettre On Her Majesty’s Secret Service à l’écart du reste de la franchise.

The cheesiest quotes :

Draco: She likes you, I can see it.
James Bond: You must give me the name of your oculist.

Réalisateur : Peter R. Hunt ; Scénaristes : Richard Maibaum.
Casting : George Lazenby, Diana Rigg, Telly Savalas, Gabriele Ferzetti, Ilse Steppat, Bernard Lee, Lois Maxwell, George Baker, Bernard Horsfall, Desmond Llewelyn, Virginia North, Catherina von Schell, Angela Scoular.