Le château de Cagliostro, par Hayao Miyazaki

samedi 31 août 2013 à 11:04

Le château de Cagliostro, par Hayao Miyazaki

Il n’y a pas très longtemps, je disais que j’allais me lancer dans une rétrospective de la filmographie du réalisateur Hayao Miyazaki. Avant cela, je n’en ai vu qu’un, ce qui fait qu’il s’agit d’une quasi complète découverte pour moi. Cela va se faire par ordre chronologique et je commence donc avec Le château de Cagliostro qui remonte à 1979.

Le film met en scène Lupin Sansei (« le troisième »), le petit-fils d’Arsène, cambrioleur aventurier et séducteur qui va, en compagnie de ses complices Jigen et Goemon, tenter de sauver la princesse Clarisse. La demoiselle est détenue au château de Cagliostro où serait dissimulé un fabuleux trésor.

Le château de Cagliostro, par Hayao Miyazaki

Le château de Cagliostro déroule une intrigue simple et linéaire qui repose avant tout sur un sens de l’aventure, avec une certaine dose de romance et d’humour. Malgré une animation à mon goût parfois bien trop rigide, surtout dans le mouvement des personnages – qui rappelle l’époque de production du film –, cela ne vient pas gâcher le plaisir procuré par le visionnage. Le ton général de l’œuvre est suffisamment prenant pour que cela ne soit aucunement gênant, épaulé par une réalisation dynamique qui sert un ensemble bien rythmé. Il y a des moments plus calmes, mais le film possède une excellente gestion du déroulement de son histoire, sachant exactement quand prendre son temps et quand faire progresser l’intrigue.

Le château de Cagliostro se repose beaucoup sur des personnages forts sympathiques. Lupin Sansei est majoritairement charmant et plus ou moins tout ce qu’on peut en attendre de lui. Le voleur est bien mis en valeur grâce à un entourage, bien que moyennement développé, des plus attachants – principalement Jigen et l’espionne Fujiko.

Le château de Cagliostro, par Hayao Miyazaki

L’inspecteur Zenigata, à la poursuite de Lupin, aurait pu se montrer très vite agaçant ; la suite de l’histoire va lui offrir la possibilité de vraiment s’affirmer en faisant de lui plus qu’un adversaire, mais un homme animé par un grand sens de la justice. Le portrait est assez classique, mais il fonctionne bien, apportant de belles notes de comédies dans le dernier acte.

Il est tout de même dommage que Le Comte de Caglostrio, véritable antagoniste du film qui en veut au trésor caché du château, soit dépeint avec une absence totale de finesse. Alors que Clarisse est posée un peu trop comme une créature pure et sans défense, son geôlier est un vilain caricatural et sans dimension. Ils sont donc diamétralement l’un à l’opposé de l’autre, sans aucune autre nuance.

Le château de Cagliostro, par Hayao Miyazaki

Le château où se déroule l’action possède un aspect gothique d’un point de vue extérieur mais recèle d’une véritable modernité à l’intérieur et d’énormément de pièges. Ce décor majeur représente à lui tout seul l’esprit général du film, étant à la fois aussi joli qu’exubérant – pour autant que je puisse utiliser ce mot pour désigner un lieu.

Miyazaki signe donc un premier long-métrage sympathique en mettant en scène Lupin Sansei en  voleur au grand cœur au sein d’une charmante aventure.

Le château de Cagliostro, par Hayao Miyazaki

Réalisateur : Hayao Miyazaki ; scénaristes : Hayao Miyazaki et Haruya Yamazaki.
Casting (vocal) : Yasuo Yamada, Sumi Shimamoto, Kiyoshi Kobayashi, Eiko Masuyama, Makio Inoue, Gorō Naya, Tarō Ishida, Kōhei Miyauchi, Ichirō Nagai.