Les Incontournables : Clue (Cluedo – 1985)

vendredi 22 mars 2013 à 12:18

clue-posterQui n’a pas fait une partie de Cluedo ? Si je ne joue plus vraiment aux jeux de société maintenant, celui-là était un de mes préférés et j’aimais tout particulièrement être Mlle Rose.

Ce jeu à succès créé en 1945 se verra adapté en film en 1985 – preuve que ce procédé n’est pas tout neuf – par Jonathan Lym, qui co-écrit le scénario avec John Landis.

Clue, de son nom original, ne trouvera pas le succès en salle, à cause de ses trois fins ; pour rester dans l’esprit du jeu, le film était sorti avec trois fins alternatives et le spectateur ne savait pas laquelle il verrait. L’idée était de pousser les gens à retourner voir le film, au lieu de cela, ils ont préféré ne pas y aller de crainte d’avoir le droit à une conclusion moins bonne.

Le long-métrage se présente comme une comédie policière qui met en scène les fameux personnages du jeu : Mademoiselle Rose (Lesley Ann Warren), Colonel Moutarde (Martin Mull), Madame Leblanc (Madeline Kahn), Monsieur Olive (Michael McKean), Madame Pervenche (Eileen Brennan) et Professeur Violet (Christopher Lloyd). Dans le cas présent, il s’agit de pseudonyme donné pour le diner auquel ils ont été conviés par Mr. Boddy (M. Moore en VF) – destiné à mourir, son nom laissant peu de doute là-dessus. Il ne sera d’ailleurs pas le seul à y passer. Nous avons donc une liste de suspects à laquelle on peut rajouter deux personnages créés pour le film : le majordome Wadsworth (Tim Curry) et Yvette la servante (Colleen Camp).

Clue (Cluedo – 1985)

Clue (Cluedo – 1985)

Qui ? Où ? Avec quelle arme ? L’adaptation se repose sur tous les éléments qui ont rendu le jeu si populaire en y injectant une frénésie qui ne fait qu’augmenter à force que les corps s’accumulent et que personne ne sait qui est le responsable.

À aucun moment, il n’est possible de deviner qui a tué, avec quoi et dans quelle pièce ; Clue est construit pour jouer avec le concept du whodunit qui ne peut pas vraiment être trouvé  – la preuve avec les différentes fins qui, à leur façon, tienne toute la route (la B étant celle que j’aime le moins).

Se déroulant en 1954 en Nouvelle-Angleterre, Clue est riche en référence sur les écoutes de McCarthy et à la paranoïa anti-communiste de l’époque ; le tout est délivré avec une énergie débordante et un débit de paroles élevé – John Landis ayant fait regarder His Girl Friday à ses acteurs pour les préparer. Le film, malgré une introduction qui devait déjà être moyenne en son temps, se repose avant tout sur la parfaite harmonie de son casting capable de délivrer avec cet entrain contagieux des dialogues mémorables et hauts en couleur.

Clue est, derrière ses répliques les plus stupides, un film savamment bien pensé qui exploite habilement les multiples composants du genre mystère pour entrainer l’histoire et les personnages toujours plus loin dans la farce. C’est la preuve que l’on peut bel et bien réussir un métrage en se basant sur un jeu de société.