Les Incontournables : Grosse Point Blank (Tueurs à gages – 1997)

mardi 22 janvier 2013 à 13:58

Grosse Pointe Blank (Poster)John Cusack a commencé sa carrière il y a 30 ans, ce qui lui a donné largement le temps de faire des bons comme de (très) mauvais films. Cela lui a aussi donné la possibilité de jouer dans plusieurs films assez iconiques et Grosse Point Blank est certainement l’un d’entre eux. Ce ne fut pas franchement un succès à son époque, ce qui lui a donc permis d’obtenir un statut culte avec le temps.

Nous sommes à la fin des années 90, et le film est le fruit parfait de son époque avec sa B.O. de qualité et ses répliques décalées. Cusack y incarne Martin Blank, un tueur à gages qui retourne dans sa ville natale pour une réunion d’anciens élèves. Il s’y rend surtout pour retrouver Bettie, son amour de jeunesse qu’il a laissé derrière lui sans explication 10 ans plus tôt.

En revenant chez lui, Martin doit alors inexorablement affronter le passé qu’il a lâchement abandonné du jour au lendemain et l’homme qu’il est devenu. Le tout avec style, humour et explosion, vu qu’on le veut plus ou moins mort dans l’histoire. Il a aussi une cible à abattre, mais ce n’est pas trop sa préoccupation première.

John Cusack  dans Grosse Point Blank (Tueurs à gages - 1997)

John Cusack et Dan Aykroyd dans Grosse Point Blank (Tueurs à gages - 1997)

La première fois que j’ai visionné Grosse Point Blank, c’était par pur hasard, mais le film a fait son effet. Il faut aussi dire qu’il mélange efficacement les ingrédients du film d’action avec ceux de la comédie romantique, avec au centre un personnage en plein doute existentiel. Martin Blank est un tueur à gages aussi efficace qu’il peut apparaitre naïf et touchant. Cusack trouve alors ici un personnage qui lui laisse toute la place pour faire plus ou moins ce qu’il sait faire de mieux. L’acteur ayant par ailleurs aussi participé au scénario, ce n’est au fond pas étonnant qu’il trouve ici l’un de ses rôles les plus emblématiques – comme ce sera quelques années plus tard le cas avec High Fidelity.

À ses côtés, Minnie Driver est tout aussi charmante dans la peau de l’intérêt amoureux qu’il a psychologiquement endommagé en l’abandonnant alors qu’ils n’étaient encore adolescents. Elle est alors toujours amoureuse, mais elle a grandi et les blessures ne se sont pas totalement refermées. Ils se tournent alors plus ou moins autour pour se reconquérir et surtout tenter de faire progresser leurs vies qui, sous différents aspects, n’a pas tant changé que cela – alors que d’autres ont évolué.

Le casting est complété par Jeremy Piven dans la peau du meilleur ami, Joan Cusack dans celle de l’assistante, Alan Arkin en psychiatre et surtout Dan Aykroyd en rival décidé à éliminer la concurrence.

Tout cela fait de Grosse Point Blank une sorte de modèle des films de réunions d’anciens élèves, offrant un tableau aussi sincère que drôle de l’évènement. Cependant, c’est avec le décalage créé par la profession de Martin que l’histoire s’affirme pour se montrer pétillante puis finalement assez déjantée dans son dernier acte. Cela donne le jour à des échanges caustiques, à des situations excessives, et à beaucoup de rires.