Les Incontournables : Heathers (Fatal Games – 1988)

mardi 27 novembre 2012 à 9:32

La représentation de l’adolescence des américains des années 80 semble plus ou moins appartenir à John Hughes. Dans une certaine mesure, ce n’est pas totalement faux, mais certains films ont aussi laissé leur marque, dont Heathers de Michael Lehmann que vous connaissez peut-être sous le titre Fatal Games – sérieusement, c’est utilisé pour la commercialisation française.

En tout cas, J’ai tendance à voir Heathers  comme un John Hughes à l’humour (très) noir. Il nous sert tous les personnages clichés typiques de l’époque et se déroule dans une ville fictive très générique. Le seul truc, c’est que ça parle de suicide chez les jeunes. Du moins, en grande partie, il y en a aussi un petit peu pour le racisme et l’homophobie.

L’histoire se centre sur Veronica (Winona Ryder) qui traine avec Heather Chandler, la fille la plus populaire du lycée qui est autant sa meilleure amie que sa pire ennemie. Avec elle, on trouve deux autres Heather, également populaires, mais moins tortionnaires. Quoi qu’il en soit, Veronica rencontre J.D. (Christian Slater) avec lequel elle commence à sortir et qui va l’aider à se venger d’Heather après un mauvais coup. Le problème est que Heather meurt et ils décident de faire passer ça pour un suicide. Le lycée est en émoi et J.D. a l’idée de se lancer dans une série de meurtres suivant le même modèle. La ville pense que les jeunes se suicident et les parents réagissent n’importe comment.

Il est clair que le sujet est aussi sensible aujourd’hui qu’il pouvait l’être en 1988, mais ça n’empêche pas le film d’être vraiment divertissant et marrant. La société américaine en prend pour son grade avant que tout tourne au vinaigre. J’aime particulièrement retrouver cette représentation ‘80s stéréotypée de la jeunesse, mais totalement assumée, qui se retrouve passée au vitriol avec beaucoup d’humour.

C’est sans surprise bien poussif par moment, mais le film ne vire jamais à la caricature malgré ses excentricités flagrantes. Je pense cependant que son message peut, à cause de ça, être facilement survolé, surtout que l’univers dépeint parait être à des années lumières de celui dans lequel nous vivons aujourd’hui. Malgré tout, Heathers n’est clairement pas à réduire au niveau des comédies stupides, loin de là.

Pour finir, Winona Ryder est vraiment excellente. J’aime d’ailleurs particulièrement qu’elle impose son personnage autant dans le rôle de la victime que celui de la responsable. Par contre, je trouve Slater un peu faible par moment, trop effacé dans certaines situations.

Quoi qu’il en soit, Heathers reste un film aussi pertinent que divertissant aujourd’hui.