Les incontournables : Rounders (Les Joueurs – 1998)

jeudi 09 mai 2013 à 10:31

rounders-PosterJe ne me souviens plus exactement dans quelle condition j’ai découvert Rounders (Les Joueurs en français), mais je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai visionné. À l’époque, il avait reçu des critiques plutôt mitigés, et j’avoue que cela m’échappait un peu. En tout cas, cela a dû l’aider à obtenir sa place méritée parmi les nouveaux films cultes auxquels on fait sporadiquement référence.

Rounders met en scène Matt Damon dans la peau d’un joueur de poker qui va perdre une grosse somme d’argent face à John Malkovich, aka Teddy KGB, un mafieux russe propriétaire d’un club de jeu. Difficile de faire plus caricatural en la matière que le personnage et l’interprétation de l’acteur.

Quoi qu’il en soit, Matt va décider d’arrêter de jouer pour prendre un travail routinier en parallèle de ces études de droit. Ainsi, quand son pote Worn, incarné par Edward Norton, sort de prison, Matt Damon ne joue plus aux cartes et vie avec sa petite amie une vie aussi ordinaire que possible. Ou tout du moins, une existence selon les bons codes de la société. Sans surprise, entrainé par le personnage de Norton, il va se remettre à jouer et son sens de l’amitié va le placer dans une situation dangereuse.

Rounders offre une plongée dans l’univers de club privé underground des joueurs qui doit être sûrement dépassé de nos jours. En vérité, cela sonnait déjà un brin caricatural pour l’époque, la partie mafieuse du film étant assez grossière – cf. Teddy KGB (le nom parle de lui-même !). Peut-être que je me trompe et que c’est super authentique, allez savoir ! Cela fournit en tout cas une certaine ambiance à l’histoire.

Rounders (Les Joueurs – 1998)
Rounders (Les Joueurs – 1998)

Là où Rounders se démarque est dans son approche du monde du poker. Le long-métrage entremêle la vision très rigide de la société qui ramène à une sorte d’addiction qui peut coûter une fortune à une autre plus complexe où il s’agit d’un mode de vie. Il n’est pas question de nier le danger qu’il y peut y avoir à jouer, mais d’exposer à travers Damon le fait qu’il s’agit de plus que cela – pour le personnage principal, c’est tout simplement ce qui le rend heureux. Le droit est une voie plus honorable au regard d’autrui, mais ce n’est pas fait pour lui.

Son professeur campé par Martin Landau est d’ailleurs là pour mettre en avant ce fait, peut-être de façon un peu trop pédagogique, mais la dynamique entre les deux acteurs est tellement bonne que cela n’a pas d’importance. John Turturro délivre lui aussi une excellente performance en étant posé comme l’antithèse de Norton dans l’histoire, un homme qui réussit à nourrir sa famille en jouant.

Rounders va donc pour le divertissement simple en plongeant dans un univers qui peut être dangereux, mais au final, le film en lui-même reste une œuvre qui trouve sa place à côté de celle qui sont là pour dire qu’il faut faire ce que l’on aime.  Quoi qu’il arrive, Rounders résiste au temps et je ne me suis pas encore lassée de le voir – même si le temps a fait que j’ai espacé les visionnages. Et, je ne sais toujours pas jouer au poker.