Letters from Iwo Jima (2006)

samedi 20 mars 2010 à 20:23

Résumé :  En 1945, les armées américaine et japonaise s’affrontèrent sur l’île d’Iwo Jima. Quelques décennies plus tard, des centaines de lettres furent extraites de cette terre aride, permettant enfin de donner un nom, un visage, une voix à ces hommes ainsi qu’à leur extraordinaire commandant. Les soldats japonais qu’on envoyait à Iwo Jima savaient que leurs chances de survie étaient quasi nulles. Animé d’une volonté implacable, leur chef, le général Kuribayashi, exploita ingénieusement la nature du terrain, transformant ainsi la défaite éclair annoncée en 40 jours d’héroïques combats. De nombreux soldats américains et japonais ont perdu la vie à Iwo Jima. Leur sang s’est depuis longtemps perdu dans les profondeurs du sable noir, mais leurs sacrifices, leur courage et leur compassion ont survécu dans ces Lettres.

Plus traditionnelle dans son approche du film de guerre que Flags of our Fathers, Letters from Iwo Jima a aussi pour lui le fait qu’il ne se concentre pas sur les américains venus conquérir et qui repartir vainqueurs, mais sur les japonais qui sont là pour protéger leurs terres et qui ne sont pas repartis en vie.

C’est bien connu, c’est le vainqueur qui écrit l’histoire, du coup, il est assez rare d’avoir droit à deux versions d’une même histoire. Le bon point pour Eastwood est qu’il n’a pas pour autant joué la carte de la culpabilité et qu’il n’est pas tombé dans la complaisance facile. On a donc le droit d’avoir des personnages qui sont traités comme des êtres humains qui diabolisent l’ennemi autant que le camp adverse peut le faire. Ce sont des hommes qui souffrent des décisions de leur hiérarchie et qui savent assez tôt qu’on les a laissés tomber, mais ils ne perdent pas espoir et combattront jusqu’au bout, même si à ce point, ils le font surtout par honneur.

Clint nous immerge dans la culture de guerre japonaise comme il l’aurait fait avec celle des américains et se concentre surtout sur deux hommes dont on a retrouvé les lettres. L’un est un simple soldat, l’autre commande les forces en place. Deux points de vue différents qui permettent de couvrir tout ce qui se passe, et d’offrir ainsi de la fluidité dans la suite des évènements.

Ce n’est donc pas un film de guerre comme tant d’autres, car cela donne l’impression que les rôles sont inversés, mais on conserve quand même un fond qui nous est familier, car peu importe le camp, c’est justement la guerre et les gens meurent pour une cause, peu importe laquelle.

Clint parvient donc à aborder le genre avec une approche différente, tout en réussissant à marquer le film de sa touche personnelle, particulièrement dans son amour de ses personnages et dans l’implication émotionnelle qui en résulte. De ce point-là, Letters from Iwo Jima réussit là où j’avais trouvé que Flags of our Fathers ne fonctionnait pas du tout.

Au final, c’est clairement le meilleur des deux films et il est dommage que sa diffusion fût limitée à cause du fait qu’il soit en japonais.

Réalisateur : Clint Eastwood ; Scénaristes : Iris Yamashita.
Casting : Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Tsuyoshi Ihara, Ryo Kase, Shido Nakamura, Hiroshi Watanabe, Takumi Bando, Yuki Matsuzaki, Takashi Yamaguchi, Eijiro Ozaki, Nae Yuuki, Nobumasa Sakagami, Akiko Shima, Lucas Elliott & Sonny Saito.