Lincoln (2012)

mercredi 30 janvier 2013 à 12:34

Daniel Day-Lewis est Lincoln (2012)

Après Abraham Lincoln : Vampire Hunter qui permettait de se familiariser un peu avec la vie du fameux président américain (hum hum), Steven Spielberg nous délivre une biopic plus académique – et oscarisable – sur le seizième président américain ; il retrace ainsi les 4 derniers mois  de l’existence de Lincoln et ses efforts pour faire passer le XIIIe amendement à la Constitution des États-Unis d’Amérique qui a officiellement aboli et interdit l’esclavage aux États-Unis.

Ce choix permet certainement de se concentrer sur les efforts politiques du président pour obtenir ce qu’il voulait, mais cela a aussi le défaut de rendre plus opaques les relations entre certains protagonistes.

Lincoln (2012)

Daniel Day-Lewis est donc Abraham Lincoln, un homme qui aime raconter des histoires et qui sonne par moment un peu comme un vieux professeur ou un grand-père qui a toujours une anecdote. Autant dire qu’au départ, ce n’est pas ce qu’il y a de plus accrocheur et le début du film est quelque peu pénible. Plus les protagonistes se multiplient et plus le film gagne d’ailleurs en dynamisme. Rien pourtant n’a plus de force que quand Lincoln se retrouve face à son épouse, grande perdante de cette histoire ; il n’est pas forcément aisée de saisir les tenants et aboutissants de leur relation lorsque l’on se concentre sur une si petite période et qu’on n’est pas familier avec le sujet. Spielberg réussit tout de même à montrer une femme assez complexe qui doit faire face à un mari qui est déjà une figure historique ; le réalisateur ne cherche d’ailleurs pas à entacher cela et Lincoln apparait un peu trop comme un homme parfait. Lincoln aurait certainement gagné en force et en ambigüité en mettant en avant certains traits de caractères ou actions plus controversés du Président.

Sally Field dans Lincoln (2012)

Ce n’est pas l’approche recherchée et tout est donc concentré sur la guerre civile et sa volonté de faire passer le 13e amendement qu’il voit alors comme ce qui va mettre un terme au conflit en cours. Si Daniel Day-Lewis disparait totalement sous le costume du Président que cela en est quelque peu troublant, le film est composé d’acteurs aux visages familiers dont tous ne possèdent pas le talent de Lewis, mais se fondent pour la plupart dans la période. D’ailleurs, c’est à se demander si Spielberg ne voulait pas qu’on s’amuse pendant le visionnage à voir combien de noms d’acteurs on peut être capable de citer.

Cela se montre par moment un brin dérangeant, mais Lincoln reposant avant tout sur son interprète principal, c’est bel et bien lui qui fascine et qui élève l’ensemble. C’est sans trop de surprises que le long-métrage se révèle malheureusement trop codifié sous bien des aspects techniques où il manque une certaine prise de risques.

Lincoln est intéressant par son sujet et Spielberg sait certainement comment emballer son œuvre pour la rendre fascinante. Il n’en reste pas moins dans une zone créative trop balisée de laquelle émerge sans difficulté Daniel Day-Lewis qui justifie à lui seul le visionnage du film.

Daniel Day-Lewis est Lincoln (2012)

Réalisateur : Steven Spielberg ; scénariste : Tony Kushner
Casting : Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn, Joseph Gordon-Levitt, James Spader, Hal Holbrook, Tommy Lee Jones, Gloria Reuben, Stephen Henderson, Lee Pace.