Man of Tai Chi (2013)

mardi 13 août 2013 à 9:52

Man of Tai Chi (2013)

Pour sa première réalisation, Keanu Reeves n’est pas allé là où on pouvait l’attendre le plus, puisqu’il a réalisé un film d’arts martiaux en Chine avec Tiger Chen en tête d’affiche, n’endossant lui-même que le rôle du méchant de l’histoire. Sachant qu’il lui aurait fallu 5 ans pour scénariser et produire Man of Tai Chi, le résultat est légèrement décevant, mais est loin d’être totalement dénué de qualités.

L’intrigue se centre sur Tiger Chen qui joue ici un homme voulant promouvoir le Tai Chi et qui se retrouve engagé dans un fight club illégal qui lui rapporte beaucoup d’argents. Tiger peut ainsi aider son maitre, sa famille et son art, mais la route qu’il a choisi d’emprunter pour sauver les siens pourrait le conduire à sa perte.

Man of Tai Chi (2013)

Keanu Reeves incarne Mark Donaka, un riche homme d’affaires qui organise donc les combats, mais il y a pour lui plus que l’appât du gain, ce que Karen Mok, dans le rôle de la policière Sun Jing Shi, tente d’exposer au grand jour.

Il est clair qu’en réalisant ce film, Reeves veut se montrer le plus respectueux possible du cinéma dans lequel il prend sa place. Dans ce sens, il embrasse pleinement la culture dans laquelle son histoire prend place, livrant ainsi un long-métrage bilingue qui ne cherche pas à être plus qu’un film d’arts martiaux, mais qui reste tout de même le produit d’un américain.

Il est simple et percutant. Trop simple d’ailleurs, et c’est bien là son problème. Si les combats chorégraphiés par Yuen Woo Ping sont extrêmement efficaces, mettant en scène les impressionnants talents de Tiger Chen, on ne peut pas dire que le plaisir qu’ils procurent trouve un équivalent dans le reste du film.

Man of Tai Chi (2013)

L’intrigue est terriblement plate et linéaire. La thématique principale de Man of Tai Chi est pourtant intéressante. Cela parle d’un homme qui est obsédé par le perfectionnement de son art et qui perd de vue les valeurs qui donnent de l’importance à ce qu’il tente d’accomplir. Tiger s’égare et même si ses motivations sont louables, il s’enfonce inexorablement dans une direction que ne peut que l’entrainer à sa perte.

Tout ceci aurait dû facilement élever le propos du film, mais ce n’est pas le cas. Tout est grossièrement explicité avant d’être tardivement exploité. De plus, l’intrigue policière qui tente, du début à la fin, de dresser un portrait peu glorieux de Donaka ressemble surtout à une excuse pour aider le métrage à se maintenir dans une direction qui aurait gagné à être beaucoup moins rigide.

Concrètement, le scénario de Man of Tai Chi souffre de carences évidentes qui ne sont pas compensées par les différents twists de l’histoire. Il ne reste donc que des combats qui, il faut l’admettre, justifient que l’on jette un coup d’œil au film. Keanu Reeves livre en tout cas un premier long métrage qui, à défaut d’être mémorable ou subtil, montre qu’en tant que réalisateur de film d’action, il a un réel potentiel. Il lui faut juste du meilleur matériel pour travailler.

Man of Tai Chi (2013)

Réalisateur : Keanu Reeves ; Scénariste : Michael G. Cooney.
Casting : Tiger Chen, Keanu Reeves, Karen Mok, Simon Yam, Ye Qing, Yu Hai, Sam Lee, Michael Tong.