Memento (2000)

jeudi 17 février 2011 à 22:56

J’ai lu qu’aujourd’hui, aux États-Unis, Memento ressortait au cinéma pour la journée uniquement à l’occasion d’une sorte de célébration pour les 10 ans du film.

10 ans déjà. Je me suis dit que c’était un moment comme un autre pour le revoir, surtout qu’il est dans le top 250 imdb. Notons, pour l’anniversaire, que le film est sorti en France en 2000, quelques mois avant qu’il n’arrive aux USA. C’est plus régulier qu’on ne le croit avec les productions indé.

Memento est pour moi un classique au même titre que Donnie Darko. Je ne l’ai pas vu autant, mais la galette a énormément tourné dans le lecteur. Le concept, le montage, et la façon que l’on a de percevoir l’histoire à cause de ça m’a toujours légèrement fasciné.

Pour ceux qui ne l’ont pas vu, l’histoire : Leonard Shelby ne peut plus se fabriquer de nouveaux souvenirs. Cette condition lui vient d’un coup à la tête qu’il a pris au moment où il tentait de sauver sa femme qui s’est fait tuer par des junkies. Depuis, il cherche à se venger.

Le film commence par la mort de Teddy. À partir de là, on va revenir en arrière jusqu’au moment où Leonard se laissera la piste qui le mènera au moment où il commettra le meurtre. C’est ainsi qu’il fonctionne, il suit des pistes, car il ne peut pas se fier à sa mémoire, il n’en a pas. Les faits, juste les faits. Cela dit, ceux qui l’entourent comprennent rapidement comment l’utiliser et le film nous montre comment tout s’emboite.

On va d’ailleurs dans deux sens. D’un côté, on avance dans des scènes en noir & blanc dans lesquelles Leonard raconte son histoire au téléphone et assemble les dernières preuves. De l’autre, on est en couleur et on remonte dans le temps. Le film se termine à la rencontre des deux storylines. En gros, la conclusion est à la moitié.

C’est assez difficile à expliquer, plus facile à regarder, même si le départ est toujours déroutant. Il faut le temps de s’adapter à l’alternance et aux reprises. Le concept demandait en tout cas une maitrise parfaite de la construction de l’histoire qui repose entièrement sur le fait que Leonard oublie.

Ainsi, à chaque fois que l’on retourne dans la storyline en couleur, on découvre ce que Leonard a oublié et pourquoi il s’est laissé telle ou telle indication. C’est assez malin, surtout que contrairement à lui, on sait où il va et ce qui le pousse à agir, alors que lui oublie.

Là où le film devient brillant, c’est avec le fait que l’on nous fait comprendre que les certitudes de Leonard ne sont finalement que des souvenirs malléables qu’il a lui-même arrangé pour entretenir son besoin de vengeance qui est la seule chose qui le fait avancer.

Les faits peuvent être manipulés, tout comme les souvenirs. Rien n’est sûr, mais Leonard a besoin de s’accrocher à quelque chose, car les souvenirs définissent en grande partie qui nous sommes et, dans son cas, cela va encore plus loin, car il n’a rien d’autre.

Bref, Memento est un film unique qui est l’expression du mariage parfait entre le concept de son histoire et celui de son montage.

Réalisateur & Scénariste : Christopher Nolan.
Casting : Guy Pearce, Carrie-Anne Moss, Joe Pantoliano, Mark Boone Junior, Jorja Fox, Stephen Tobolowsky, Harriet Sansom Harris, Thomas Lennon, Callum Keith Rennie.