Never Let Me Go (2010)

samedi 01 janvier 2011 à 23:04

Que dire ou ne pas dire sur l’histoire de Never Let Me Go ? Le film, adapté du roman de Kazuo Ishiguro, est un dystopique, nous plongeant dans un passé différent où une découverte médicale a été faite permettant de vivre longtemps et en bonne santé. C’est dans cet univers qu’évoluent Kathy, Tommy et Ruth, ayant un but médical à servir définissant toutes leurs existences, alors qu’ils sont intrinsèquement liés à travers un triangle amoureux.

Il y a un calme ambiant général au film, où les personnages acceptent leur destin sans broncher, où la révolte contre l’autorité ne parait aucunement possible.En fait, la pensée ne leur effleure même pas l’esprit, et je dois bien dire que cela m’a pas mal gênée. Ils savent ce qui les attend, mais n’émettent quasiment pas de résistance, et c’est encore plus flagrant de par le fait qu’il y a un monde extérieur qui existe, mais avec lequel ils ne sont jamais totalement connectés. Ce dernier parait de toute façon accepter pleinement leurs rôles et les prendre comme tels. Ils sont bien entendu élevés dans cet esprit, ce qui explique plus ou moins leur absence de réaction.

Je suppose que derrière cela se cache un message sur la passivité et la façon dont on aborde notre propre existence (et la mort), qui trouve un appui plus solide dans sa dernière partie, avec Tommy pensant que son salut se situe dans l’art. Au moins, dans l’idée, il y a là une porte vers une lutte d’état de conscience, qui offre d’ailleurs la possibilité au personnage de complètement s’épanouir. Tommy, de par son évolution progressive, est assurément le personnage que j’ai trouvé le plus intéressant.

Le style narratif voulant que ses personnages soient finalement de nature plus introspective, je dois bien admettre ne pas mettre senti émotionnellement prise dans l’histoire, et le triangle amoureux s’est articulé exactement comme je l’attendais. J’aurais surement été plus touchée (et surprise) si les intentions de Ruth s’étaient révélées différentes – même si elles reflètent au moins une détresse émotionnelle palpable et un désespoir qui va avec leur condition.

Pour le coup, même si le film possède d’indéniables qualités, et sait se montrer fluide, à la fois pesant et touchant, je ne me suis pas suffisamment sentie impliquée dans son histoire pour être convaincue de bout en bout.

Réalisateur : Mark Romanek; Scénariste : Alex Garland.
Casting : Carey Mulligan, Isobel Meikle-Small, Keira Knightley, Ella Purnell, Andrew Garfield, Charlie Rowe, Sally Hawkins, Charlotte Rampling, Nathalie Richard, Andrea Riseborough.