Pain & Gain (No Pain No Gain – 2013)

lundi 09 septembre 2013 à 9:54

Pain & Gain (No Pain No Gain - 2013)

Michael Bay avait envie de faire un film à pas cher, de raconter une histoire qui se centre sur des personnages et non sur des explosions. Il a alors coupé son budget de manière conséquente pour nous servir avec Pain & Gain une histoire vraie prenant place à l’époque où il préparait son premier long métrage, Bad Boys, au milieu des années 90. Il y a donc quelque chose de presque nostalgique à voir le réalisateur revisiter cette période, mais ce n’est pas complètement là le sujet du film.

L’intrigue se centre en effet sur Daniel Lugo (Mark Whalberg), un bodybuilder qui voulait faire de grandes choses et qui pensait visiblement qu’il méritait plus la réussite que ceux qui l’avaient achevé, tout particulièrement Victor Kershaw (Tony Shalhoub). Ce dernier sera ainsi la cible de Lugo qui le kidnappe avec l’aide ses deux associés, Adrian Doorbal (Anthony Mackie) et Paul Doyle (Dwayne Johnson). Ils vont lui voler tout ce qui lui appartient, de sa maison à sa fortune.

Pain & Gain (No Pain No Gain - 2013)

C’est une histoire classique de cupidité, d’arrogance et de violence. Entre les mains de Bay, cela devient dans un premier temps une sorte de satire sous acide, parce que le réalisateur sait avant tout faire des images. C’est saturé et survitaminé, mais ce n’est pas suffisant pour étayer le propos. C’est donc là qu’interviennent les nombreuses voix off qui s’imposent rapidement comme une béquille sur laquelle toute l’intrigue doit s’appuyer pour réussir à prendre son envol. Une fois en l’air, la chute est lente, explosive et cynique, mais loin d’être aussi pertinente qu’elle voudrait l’être.

Dire que Bay n’est pas un as pour dresser des portraits étoffés de personnages serait pointer une évidence. Son cinéma ne se repose pas là-dessus et on le sait bien, mais ça ne l’empêche pas de s’y essayer. Lugo et ses amis sont en plus des gars pas très futés et la nuance ne fait pas réellement partie de leur catalogue, seul Doyle fait face à de réels dilemmes moraux – devenant ainsi le plus intéressant du groupe. Pour Lugo, il était question de conquérir le rêve américain en se contentant de le voler à une personne qui l’avait véritablement concrétisé. Un raccourci qui entame sévèrement l’approche satirique du film, le bodybuilder vivant clairement dans ses illusions, peu importe ce qu’il peut tenter d’offrir comme arguments, cela ne sonne que comme le délire d’un crétin qui se prend pour un génie.

Pain & Gain (No Pain No Gain - 2013)

Pain & Gain (No Pain No Gain - 2013)

Un peu comme Bay qui pense faire de Pain & Gain une œuvre qui possède une certaine substance, Lugo croit réellement qu’il fait de l’Amérique une nation plus grande en agissant comme il le fait. Cela n’a pas de réel fondement, mais il faut reconnaitre que cela adopte malgré tout la forme d’un divertissement fort sympathique.

Jouant étonnement bien dans le registre de la comédie, le réalisateur compense ses limitations budgétaires en fournissant de quoi rire et en contenant l’action avec un certain brio. Sa caméra virevolte toujours autant quand c’est nécessaire, mais elle est aussi placée là où il faut au moment où les choses se calment. Dommage donc que le scénario devienne progressivement de plus en plus prévisible et linéaire au point qu’une légère lassitude commence à s’installer. On ne peut cependant pas sérieusement condamner le metteur en scène pour avoir essayer quelque chose de différent, surtout s’il parvient en partie à accomplir ce qu’il cherchait à faire.

Au final, Michael Bay voulait visiblement reconnecter avec l’époque de ses débuts, retrouver ses racines en replongeant là où tout a commencé, sous le soleil de Miami au milieu des ’90s. Un élan nostalgique qui aurait certainement pu être encore plus payant si le réalisateur avait été légèrement plus en adéquation avec ses capacités en termes de narration. En dépit de ça, Pain & Gain se révèle être un film véritablement divertissant, sans temps mort et mené d’un bout à l’autre par un casting complètement investi et souvent réellement inspiré.

Pain & Gain (No Pain No Gain - 2013)

Réalisateur : Michael Bay ; Scénaristes : Christopher Markus & Stephen McFeely.
Casting : Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Anthony Mackie, Tony Shalhoub, Ed Harris, Rob Corddry, Rebel Wilson, Ken Jeong, Bar Paly, Michael Rispoli.