Rôle mémorable : Jeremy Northam est Morgan Sullivan dans Cypher

mercredi 14 novembre 2012 à 17:25

Second long métrage de Vincenzo Natali, Cypher est un film que j’attendais avec impatience à sa sortie après avoir vu plusieurs fois Cube. La déception n’était clairement pas au rendez-vous quand j’ai fini par le voir, ce qui a demandé un peu de temps faute à une distribution un peu moyenne.

Cypher est un thriller à tendance SF. Il est quelque peu difficile à décrire si on veut éviter de trop en dire. Cela commence avec Morgan Sullivan, un homme à la vie ennuyeuse qui décide de pimenter ses journées en devenant un espion industriel. Rapidement, il se retrouve à devoir retourner sa veste, jouant l’agent double, avant qu’un troisième homme mystérieux entre en scène et le confronte à la réalité de sa vie et au rôle qu’il est désormais obligé de jouer.

Perception de la réalité altérée, lavage de cerveau, espionnage high-tech, une belle inconnue et une vie remodelée – tout ceci n’est qu’une source de confusion qui intrigue au plus haut point.

Jeremy Northam tient donc le rôle de Morgan Sullivan qui deviendra Jack Thursby par la suite. Mélange d’identité au rendez-vous, mais Northam est tout simplement impeccable. Il est aujourd’hui plus connu pour son rôle de Thomas More dans The Tudors, mais pour moi, à l’époque, il n’était que le gars de The Net – ce film d’Irwin Winckler dont je vous ai rapidement parlé l’autre fois – ce qui fait que le découvrir dans un rôle aussi demandant fut une belle surprise.

http://www.youtube.com/watch?v=TD6xqEFjauE

Dans Cypher, j’aime particulièrement la manière avec laquelle il canalise la candeur de Morgan, un trait de caractère qui va progressivement s’estomper pour laisser place à une perte de repères – le film parle au final de l’importance de savoir qui on est vraiment. La métamorphose débute de manière ludique, Morgan s’amusant surtout à jouer à l’espion, comme s’il était un James Bond en herbe, et évolue pour se noyer dans la paranoïa. Northam se décompose petit à petit, au fur et à mesure que son personnage s’enfonce dans l’inconnu, montrant plusieurs facettes d’un même personnage sans jamais trop en faire.

C’est probablement le meilleur rôle dans lequel j’ai pu voir Jeremy Northam, peut-être la meilleure performance de sa carrière.