Sherlock Holmes et le jeu des comparaisons

mardi 14 février 2012 à 16:12

Réal : Guy Ritchie
Avec : Robert Downey Jr. et Jude Law


The Feminin Factor

Rachel McAdams campe une Irene Adler séduisante et voleuse qui possède suffisamment de charme pour qu’on comprenne que Sherlock Holmes soit éprise de lui, les deux acteurs fonctionnant bien ensemble sans trop en faire.

Elle se fait voler la vedette en quelques scènes par une Kelly Reilly toujours radieuse dans la peau de la compagne du Dr Watson, de laquelle ressort à la fois une fragilité (dû à son passé) et une certaine force de caractère qui sera importante pour le second opus.


The Bad Guy

 

Qu’importe quel méchant il doit camper, Mark Strong est une valeur sûre dans le domaine et il ne déçoit pas en Blackwood. Moriarty n’apparait pas, mais il est l’homme de l’ombre, ce qui est un chouia décevant, car cela dote ce premier film d’une nature introductive et avec une conclusion en demi-teinte, tout particulièrement au premier visionnage (au second, on sait ce qu’on va voir).


Le scénario : Sherlock Holmes et son partenaire Dr Watson arrête le fameux Blackwood, mais celui-ci revient d’entre les morts et complote contre l’Angleterre. Comment a-t-il fait ? Comment tue-t-il ses victimes ? Qui embauche Irene Adler et que veut-il ? Le film se développe autour de questions et réussit à parsemer habilement tous les indices sans les rendre évident. Juste de l’observation. Et c’est plutôt bien fait.


La scène pour en mettre plein la vue : la démolition du bateau en construction, qui aurait pu être un peu plus peaufiné.

Pour compenser : le London Bridge en construction, car c’est juste sympa. Et que Londres parait juste belle et sale dans ce film.


Le petit plus du film

L’avantage d’être le premier, c’est la découverte du parfait duo formé par Robert Downey Jr./Jude Law dans un film qui ne se prend pas la tête, et où le divertissement est efficace.


Réal : Guy Ritchie
Avec : Robert Downey Jr. et Jude Law


The Feminin Factor

Irene Adler est de retour au début du film, et il faut reconnaitre à l’initiative de servir magnifiquement son but. Pour le coup, Noomi Rapace entre ensuite en jeu, et si elle est plutôt jolie en gitane, le personnage est creux. Forcément, Mary reste le véritable personnage féminine qui compte et elle est impeccable dans toutes ses scènes, même quand elle se fait jeter à l’eau.


The Bad Guy

Jared Harris, peut-être plus connu ces dernières années pour être Lane Pryce ou Robert David Jones, incarne le fameux Professeur Moriarty avec une sobriété extrême. Le personnage manque un peu de présence à l’écran, mais ce n’est pas tant la faute à l’acteur qu’à celle d’un scénario qui a au moins le mérite de nous légitimer l’intelligence de cet adversaire et de faire tout pour nous le rendre impitoyable (la scène où il détient Holmes est, sur ce plan-là, réussi).


Le scénario : Sherlock Holmes et le Dr Watson doivent arrêter leur pire ennemi, le Professeur Moriarty, avant que son plan ne touche à sa conclusion. Le film vire rapidement en chasse à l’homme après un début brouillon. Moins de mystères pour ce second long-métrage qui, quand ils sont présents, sont majoritairement vite élucidés. Cela reste efficace, mais moins abouti.


La scène pour en mettre plein la vue : la course dans la foret. Plus belle, mais moins efficace sur la durée.

Pour compenser : il y a de la neige. Et un détour express par la France. On ne voit peut-être rien, mais un passage par la France donne toujours des points supplémentaires.


Le petit plus du film

Si les tenues de déguisements de Sherlock Holmes sont un poil poussif, Stephen Fry est quant à lui à la hauteur dans la peau de Mycroft Holmes.


Conclusion

Sherlock Holmes : A Game of Shadows n’égale pas son prédécesseur, malgré une fin plus satisfaisante (superbe chute d’eau), ainsi qu’une intégration réussie de Mycroft. Moriarty impose d’avoir des plans de plus grandes envergures, mais le mystère n’est pas vraiment présent et le personnage de Noomi Rapace aurait mérité d’être creusé pour être plus qu’un accessoire narratif. Malgré tout, et avec le désagrément de ne pas être le premier et de ne pas bénéficier de la fraicheur de la découverte A Game of Shadows divertit comme il se doit, sans volonté de cartes postales – à peine le temps de voir les décors du pays – et laisse d’ailleurs peu de temps pour souffler. Et entre nous, voilà une suite qui tient bien mieux la route que Iron Man 2. Sur ce coup-là, au moins, Robert n’aura pas à faire comme si elle n’existait pas.