Shutter Island (2010)

jeudi 25 mars 2010 à 23:03


Résumé : En 1954, le Marshall Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre cohérente d’une malade, ou cryptogramme ?

Le dernier Scorsese que j’ai vu m’avait beaucoup déçu. C’est The Departed, mais je mets ça sur le fait que c’est peut-être un film qui a une bonne réputation, mais moi, ce que j’ai vu, c’est surtout une très mauvaise adaptation. Avec Shutter Island, je n’ai pas lu le livre, mais la version BD qui fit sensation l’année dernière. J’ai beaucoup aimé, mais cela m’a mis dans une mauvaise position, car je risquais de revivre la mauvaise expérience.

Le problème de la BD, c’est que c’est visuel, du coup, on a déjà une image mentale de l’œuvre. D’après ce que j’ai lu, Dennis Lehane était très satisfait de l’adaptation qui était certes très réussie, mais je ne sais pas ce qu’il a pensé de la version ciné.

Moi, je ne suis pas là à crier au chef-d’œuvre, mais il faut bien reconnaitre que c’est visuellement proche de ce que je voulais voir. Le problème, c’est que j’ai eu du mal à entrer dans le film connaissant déjà les twists. Il m’a donc fallu un peu de temps et j’ai trouvé que la mise en place avait tendance à trainer, sans parler que le premier tiers contient quelques mouvements de caméra un peu dégueux qui ont la bonne idée de ne pas réapparaitre par la suite.

La seconde moitié m’est apparue un peu moins mécanique, comme si le scénario commençait à respirer quand la colère pure laisse place à la paranoïa. En plus, il y à moins cette vision à double sens entre la vérité et ce que le réalisateur tente de ne pas expliciter pour ne pas ruiner sa fin. La fin, justement, aurait certainement mérité d’être légèrement plus explicite, car j’ai cru comprendre que certains spectateurs avaient compris le truc à l’envers. Je ne peux pas en dire plus pour ne rien gâcher à ceux qui ne connaissent pas l’histoire, mais je suppose que quelques mots de plus auraient clarifié la dernière scène.

Comme beaucoup de films avec un twist de fin majeur, Shutter Island apparait probablement plus intelligent qu’il ne l’est quand on ne le connait pas, mais si l’histoire est déjà connue, c’est tout le reste qui fait qu’il mérite d’être qualifié de bon ou non. Dans l’ensemble, c’est un bon film, donc. Il aurait pourtant pu être meilleur, surtout si DiCaprio avait été plus nuancé dans les débuts (je mets ça sur le dos du réal par contre), de même, Mark Ruffalo que j’apprécie beaucoup d’habitude, m’a un peu déçu. Bref, ce ne fut pas la déception, et c’est une bonne chose.

Réalisateur : Martin Scorsese ; Scénariste : Laeta Kalogridis.
Casting : Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Michelle Williams, Ben Kingsley, Patricia Clarkson, Emily Mortimer, Jackie Earle Haley, Max von Sydow.