Skyfall (2012)

lundi 29 octobre 2012 à 10:36

James Bond célèbre ses 50 ans. Un fait important qui est difficile à oublier devant Skyfall qui est là pour nous dire que la franchise est vieille et que, de loin, elle peut paraitre obsolète, mais que les vieilles recettes peuvent s’adapter aux demandes actuelles, puisqu’il y aura toujours besoin de livrer le type de divertissement que 007 a toujours offert.

À dire vrai, ce film se présente presque comme la transition que l’on aurait pu avoir avant Casino Royale. Le chainon manquant après Die Another Day qui, ironiquement, rendait autant hommage à l’ensemble de la série que peut le faire Skyfall. La différence majeure entre les deux est que l’un mettait un terme à une ère qui paraissait sur le point d’être périmée, alors que l’autre confirme la vivacité de la franchise. Comme le dit Bond, son passe-temps est la résurrection – oui, le film est bourré de dialogues à double-sens comme celui-là.

Skyfall commence par la mort de Bond après une introduction bourrée à ras bord de dialogues super cheesy et d’action over the top. Hommage à ce que furent les aventures de 007 il y a longtemps ou non, on peut dire que Naomie Harris n’est pas gâtée pour commencer, tandis que James morfle encore plus que d’habitude.

Renaissance au cœur de Londres, car il fallait bien que cela se produise un jour, l’agent secret se devait de passer à l’action dans son pays à un moment ou un autre, car l’ennemi n’est plus une nation étrangère, mais un agent individuel qui s’infiltre avant de frapper. L’idée est un peu plus compliquée que cela, car ce n’est que le début d’une métamorphose du MI:6 qui va progressivement retrouver son essence, enfin, celle des films d’antan – iconographiquement parlant en grande partie. Tout cela se fera en symbiose avec cette prise de conscience de l’évolution du monde dans lequel Bond opère. L’ennemi n’est d’ailleurs lui aussi qu’un artefact du passé, un cabotin aussi effrayant qu’il peut être excentrique et légèrement mégalo. Tout transpire le double sens de lecture, jusqu’à l’utilisation de M comme figure maternelle qui favorise l’incarnation de la plus récente de son fils au dépit de l’ancienne qui est une relique qui aurait du disparaitre quand l’Empire Britannique rendit Hong Kong à ses propriétaires.

Au-delà du fond, Skyfall est surtout une belle démonstration de la part de Sam Mendes qui livre un film d’action aussi maitrisé au niveau du rythme qu’au niveau esthétique. Des plans de toute beauté s’enchainent ainsi en utilisant autant l’élégance du casting que les décors magnifiquement cadrés. En tout cas, Mendes adore jouer avec les lumières et il le montre, ne se gênant pas pour plonger dans le noir une bonne moitié de son film.

Ce 23ème Bond a tout de même quelques défauts qui sont le résultat de cette volonté de rattacher 007 à ses précédentes formes. Dans ce sens, on peut s’étonner du sous-emploi des Bond Girls, un peu comme si elles n’étaient là que parce qu’elles faisaient partie du cahier des charges – ce qui est tout à fait le cas de toute façon. Malgré les références aux précédents films et aux livres, Skyfall ne se noie pas, au contraire, puisqu’il permet à James Bond d’en sortir grandi au point qu’on pourrait presque parler d’un coming of age movie – avec des espions, des femmes sexy, un méchant diabolique et des courses-poursuites.

Réalisateur : Sam Mendes ; Scénaristes : John Logan, Neal Purvis, Robert Wade.
Casting : Daniel Craig, Javier Bardem, Judi Dench, Ralph Fiennes, Naomie Harris, Bérénice Marlohe, Albert Finney, Rory Kinnear, Helen McCrory, Ola Rapace, Ben Whishaw.